Si dans le précédent billet je me focalisais sur mon passé du subjectif, le ressenti de mon vécu au Centre LGBT Paris IdF, je voudrais cette fois me recentrer sur ce qui fut accompli. Le but étant de fonder une base de réflexion, un parallèle à ce que j'ai pu lire ci et là.

Tout d'abord, il me faut préciser que je connais le centre depuis une bonne dizaine d'année, sous son incarnation précédente, Centre Gai et Lesbien, puis Centre LGBT Paris IdF, rue Kléber dans le XIème arrondissement de Paris. Enfin, j'ai accompagné le déménagement et participé pendant quelques temps (6 mois ?) au nouvel accueil organisé rue Beaubourg dans le 3e arrondissement. Mes observations sont donc de ce fait baisées, à la fois par le temps qui me sépare de mes responsabilités au sein de l'association, mais aussi par la non fréquentation récente des lieux.
Bref, j'ai pu participer aux activités en tant que

  • usager (par exemple pour préparer notre PaCS) ;
  • volontaire accueil (vendredi, puis vendredi et samedi, et enfin samedi) ;
  • co-responsable (avec Valérie) de l'accueil/bar ;
  • co-responsable des formations des nouveaux venus ;
  • chargé de la mise en forme du site et de la lettre d'information ;
  • administrateur co-opté puis élu en AG ;
  • membre du bureau, plus précisément trésorier ;
  • homme à tout faire :-)

Historiquement, à mon arrivée, j'ai eu la chance d'être encadré par quelqu'un qui avait fait de l'accueil et de la gestion du public son métier. Qu'on ait ou non apprécié sa façon d'agir, elle préparait très bien les nouveaux venus à leur tâche. C'était une époque ou le bureau du Centre rasait un peu les murs quand il arrivait sur place, une époque où les membres du CA étaient des entités dont on savait qu'elles existaient, mais qu'on voyait pour ainsi dire jamais, même en réunion "globale". Triste époque aussi où le Centre était en train de se séparer de ses salariés après la mésaventure qu'on connaît. L'époque de la transition, où il avait fallu faire appel à l'aide à celle(s) et ceux qui allaient redresser le bateau plutôt que de le regarder couler.

Et ce fut difficile. Financièrement, il fallait éponger une dette faramineuse, à la hauteur du trou abyssal laissé par la perte du procès. En terme d'image, il fallait aussi montrer qu'on allait de l'avant. En terme humain enfin, il fallait endiguer l’hémorragie de volontaires. Le petit train-train de l'accueil/bar étant à peine auto-suffisant (déficitaire de peu), les autres activités, dont la simple location des lieux, n'auraient pas pu suivre si le changement de grande envergure n'avait pas été opéré.

Le bureau de l'époque, réduit de mémoire à trois personnes, fut soutenu par celle que beaucoup décrient maintenant. Christine Le Doaré, et quelques autres personnes, membres du CA ou non, qui voulurent bien accompagné le Centre dans sa métamorphose.

Replaçons nous dans les conditions de l'époque : plus d'activité rémunérée en terme de soutien social, psychologique, légal. Une décision de demander à des bénévoles, dont les activités professionnelles correspondaient, fut prise. Ce fut un choix, difficile, mais qui servit la survie des activités, et donc du Centre. Certains sponsors, parfois inattendus, évitèrent aussi la naufrage. Je n'en parlerai pas ici, mais si un grand mécène est parfois nommé, c'est vrai. Comme l'intervention d'une très grand et belle association reconnue d'utilité publique.

La reprise en main professionnelle se fit aussi au niveau des activités du Centre - retrouver des bénévoles aussi bien pour les aspects accueil/bar, culturels et festifs était le pendant visible des activités de recrutement de "bénévoles professionnels".
Je pense que le clivage a commencé à s'effectuer à cette époque, clivage entre anciens qui avaient connus un centre bien vivant, et ceux qui essayaient de le faire sortir de son état moribond.