Science sans conscience n'est que ... Sarkozy en puissance ?
Par cossaw le jeudi 17 novembre 2011, 16:32 - Bullshit - Lien permanent
Cela faisait longtemps que je voulais ré-écrire quelque chose, sur un sujet
un peu intelligent.
Je viens de retomber sur un dossier polémique, celui concernant l'utilisation
faite par Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, d'un rapport de l'Inserm, cf.
ici Trouble des conduites
chez l'enfant et l'adolescent - l'Inserm.
Ce document, dont on pourra lire des éléments critiques, ex. ici, voulait déterminer les
éléments permettant d'identifier assez tôt chez l'enfant, pré-adolescent, voire
très jeune, ce qui pourrait mener à des risques de troubles de la
personnalité.
On l'aura compris, ce sujet est potentiellement très choquant. Si on ne regarde
pas de plus près, et si on n'utilise comme l'a fait Sarkozy alors, que les
éléments les plus contraignants d'un tel texte, on en vient à une vision très
sordide de la société.
Or, ce qu'il aurait fallu, à mon avis, dans ce texte, c'était comprendre les
éléments d'analyse, et surtout, comprendre ce qu'il sous-tend : la notion
de diminution des risques via une politique sociale de prévention, mêlant
humanité et compréhension du fonctionnement, et surtout du développement, de la
personnalité. La dichotomie classique entre l'Inné ou
l'Acquis, là n'est même pas la question, les deux points étant
d'ailleurs co-intégrés dans la démarche.
En effet, l'idée ici réside dans une lutte contre la prédétermination. Le
principe de la minimisation des risques, tant au niveau de l'individu que de la
société, va à l'encontre du principe de précaution. La précaution, c'est éviter
tout ce qui pourrait être nuisible, même sous une forme seulement
"potentielle" ; la minimisation des risques, c'est estimer que pour le
bien de la société comme de l'enfant, on peut prendre des mesures et régit face
à elles, sans supprimer pour cela le droit à l'évolution de l'enfant.
Grosso-modo, Sarko est un belliqueux qui veut détruire la menace avant même
qu'elle n'existe, l'humaniste, lui, regarde la possibilité d'une menace, ne la
nie pas, mais essaie de faire en sorte qu'elle n'aboutisse pas - et au cas
contraire, qu'elle n'ait que des effets moindres.
Je vous perd, là, peut-être, non ?
En fait, réfléchissons. Sociologues et psychologues nous disent que certains
facteurs de risque peuvent, telle une épée de Damoclès, pré-disposer un enfant
à être sujet aux troubles de la personnalité. Alors, il convient que tous les
intervenants suivent plus délicatement cet enfant, d'une part pour être
attentif aux potentiels signes, et d'autre part, pour réduire les risques chez
cet enfant. Par exemple, si un bambin de 3 ans est sujet à ce qui se
transformerait en dyslexie, il convient de l'aider pour que la dyslexie ne se
produise pas - mais encore aura-t-il fallu faire attention à ces signes
marquant le début de la dyslexie.
Mais en est-il de même avec des troubles de la personnalité, menant par exemple
à la dépression chronique ? Peut-on parler de facteurs indiquant que tel
ou tel enfant sera, dans le future, prompt à se transformer en mutin
destructeur de voiture et flambeur de la Saint-Sylvestre ? Sans se
prononcer directement, il convient malgré tout d’entourer les enfants
d'avantage si on sait que des "facteurs à risques" sont présents. L'ennui,
évidemment, est ce qu'on appelle un "big brother" potentiel - épier tout signe
potentiel, lever tout point discutable et s'en serir comme d'une arme contre
l'individu, le citoyen en devenir, plutôt que comme soutient à une pédagogie
adaptée. Ou a un suivi social plus proche de la personne et de son
environnement.
On en revient, sinon, aux clichés du type "Les cas sociaux se reproduisent
entre eux" - heu,oui, ça fait un peu ghetto. Mais s'il s'y sont laissés
enfermer, c'est aussi parce que la société elle-même s'en chargeait, et
s’accommodait très bien de ne plus voir ces familles à l'abandon. Et là, ce
n'est pas une autre histoire, juste le début d'un nouveau cycle infernal -
marquer les jeunes, dès leur enfance, comme des individus à risque, c'est aussi
les marquer au fer rouge, tels des bagnards. Les laissés pour compte qui de
toute façon "ne veulent rien faire" - encore leur en faudrait -il en avoir les
moyens. Et, là, se trouve le rôle de l'éducation.
Heu, il aurait mieux valu que je prévois un plan, moi, je me suis un peu perdu
dans mes idées... reste que le principe prévaut : prévoir les risques et
adapter la pédagogie et l'environnement social sont de bien meilleurs remèdes
que l'ultra-sécuritarisme qui, de toute façon, ne fonctionne pas.