Haine contre les LGBT : l'arbre qui cache mal la forêt
Par cossaw le mercredi 17 février 2010, 04:27 - Bullshit - Lien permanent
La lesbophobie et l'homophobie qu'on voit s'exprimer "librement" dans
certains pays africains est soutenue par une bigoterie religieuse et un
opportunisme politique qui joue au phénomène bien connu de bouc émissaire avec
les lesbiennes et les gays.
Cela port bien souvent des relents xénophobes ("maladie importée par
l'occident"), afin de cacher d'autres comportement : abattre des opposants
politiques (qui veut tuer son chien le dit enrager), détourner l'attention des
problèmes économico-sociaux (dont on met la responsabilité au moins orale sur
les LGBT par "dégénérescence de la patrie"), soutenir un effort de guerre (les
ennemis sont des pédés), etc.
Plus que jamais, le test sémantique "sémite" est d'actualité !
Remplacez homosexuel/lesbienne par juif, pédé/gouine par youpin, et vous verrez
qu'on est dans une configuration trop bien connue. C'est une mise à jour du
progrom, une amélioration du syndrome de la guerre ethnique entre Hutu et
Tutsi, internalisée.
La différence est peut-être à chercher au niveau des préjugés,
tenaces :
- Pédophiles, corrupteurs de la jeunesse.
- Destructeurs de la morale, de la religion contre les dogmes desquelles ils agissent "impunément".
- Porteur du sida (majoritairement transmis par rapport hétérosexuels non protégés, en partie grâce aux services des grands clercs, toutes religions confondues, mais catho en premier je dirrais)).
- "Immatures" et pourtant "riches" (en relatif) - même si la vision 2 adults, no kids n'existe certainement pas dans ce cas.
- Égoïste pour le coup, ne participant pas à la richesse du pays, en ne procréant pas (les deux sont liés).
- Remise en question de l'ordre naturel de la domination d'un homme sur une femme (parce que le couple n'est que rapport de domination, c'est évident, comme dans les dyptiques passif/actif, butch/fem)
Il reste que le préjugé le plus fort reste la condamnation religieuse, la
focalisation sur certains textes (alors que d'autres tout aussi explicites sont
négligés).
L'ignorance, la fascination des grands clercs ou politiciens charismatique qui
ballaient toute notion d'éducation au profit de la vénération du Dieu ou du
Chef tout puissant - jusqu'au prochain putch.
Tant que l'Afrique sera au mains de groupes dont les seuls desseins sont
anti-universels, égoïstes, anti-démocratique, claniques, etc. de toute façon,
il n'y aura point d'évolution saine possible. Il faut des leaders
charismatiques, "bons samaritains" pour reprendre un terme biblique, dont la
vision politique est celle de l'amélioration de la société toute entière et non
de leur ethnie ou de leur clan rapproché. Il faut des Nelson Mandéla pour que
les ethnies minoritaire et les LGBT puisse se sentir, au moins légalement,
protégés. Et même dans le cas de l'Afrique du Sud, malgré la belle constitution
et les belles paroles, on voit se déchaîner la haine, et un nouveau président
récemment élu, nommer un homophobe réputé, raciste et xénophobe, à un poste
exalté...
N'en finira-t-on jamais ?