Je me sens mieux, psychologiquement, c'est certain. J'ai osé changer d'environnement.

  • Quitté l'associatif, en gardant juste un pied dans le politique (qui est bien décevant en ce moment...).
  • Quitté la recherche, mais avec un lien toujours privilégié avec mes collègues d'alors.
  • Quitté l'enseignement, ce qui reste, à ce jour, le plus difficile.
  • Quitter les élèves, ce qui se révèle, étant donné les cas particuliers, un bien plus grand pas qu'il ne m'y paraissait au départ, et, j'ose le dire, un grand bien. Rarement vu d'aussi grands branquignoles parmi les 10 que je suivais (disons 4 (très) bons élèves, deux à côté de la plaque mais rattrapés sans problème et 4 perdus, soit par manque de travail, de respect de soi ou des autres, soit par abus de substances...)
  • Quitter des amants, des amis, des amies - je différencie à bon escient. Amis, était-ce le bon terme ? Ils m'enfonçaient plus qu'autre chose. Le décès de l'un d'entre eux fut pour cela révélateur, celles et ceux avec qui j'allais au Père Lachaise pour accompagner son compagnon, prêtre orthodoxe, ceux-là étaient des amis, des vrais. Les autres...


Bref.
Si j'ai quitté, j'ai aussi retrouvé.

  • Retrouvé mes heures libres, cette liberté chérie que j'avais dévouée à une structure qui le méritait mais sous des auspices qui n'étaient guère les meilleurs.
  • Retrouvé mon couple, mon compagnon, à qui j'avais tant menti et qui même s'il ne sait pas tout, comprend, accepte, et à sa façon, pardonne
  • Retrouvé le goût et l'attrait du travail, malgré les inévitables tensions - un challenge, un vrai, ça vous requinque !
  • Retrouvé mes obsessions, les ludiques plus les morbides, se fixer des projets "TALC" (truc-à-la-con) et s'y tenir, reconstruire cette collection Saint Seiya par exemple !
  • Retrouvé enfin l'estime de moi.


Si le blog, les rencontres que j'avais faites m'avaient appris quelque chose, c'était la schizophrénie derrière laquelle je me cachais. Pas de mensonges à proprement parler, mais une vérité vue de points de vue différents - et ce par la même personne. Tantôt amical, tantôt prédateur, à ma manière, je fondais sur mes proies, pour parfois me laisser dévorer, abandonnant mon identité, derrière l'alcool parfois, derrière le sexe souvent, mais encore derrière des relations aux individus.
Je ne sais pas si mes relations sont plus saines, au moins je sais qu'elles sont plus sincères, bilatérales. Si elles ne le sont pas, je n'hésite pas à couper les ponts. Sauf, bien sûr, quand un reste de sentiment subsiste, alors je continue, de loin à faire attention à elles ou eux.
Mais là, je crois qu'on ne me changera pas.