(moi) Ton Xième synthé ?
(lui) Bah, voui.
(moi) Et tu crois qu'il va marcher, celui-là ?
(lui) Non, c'est pour ça que je passe mon temps avachi sur le portable comme un con plutôt que d'aller folâtrer dans les bois avec Cannelle.
(moi) Bon, OK, OK, c'est pas fairplay. Mais sur quoi t'es assis, là ?
(lui) L'avant dernier essai. Je sais.
(lui) Et toi, t'en es à quel point de ton nouveau bouquin, le Xième bouquin de maths que t'écris ?
(moi) Bon, OK, OK, je m'tais. Sinon, il est bon ton gâteau aux yaourts - mais pourquoi t'as pas mis les tranches d'ananas frais qu'on a achetées ?
(lui) Goûte.
(moi) Ah, c'est meilleur, l'ananas frais + le gâteau = miam. Pas régime, mais miam.

Etc. Conversation de couple qui se connaît depuis bientôt 7 ans pile poil. J'ai tendance à rajouter, Alain a enlever, comme ça, ça fait une moyenne.

Le 16 mars, ça fera 7 ans qu'on s'est rencontrés au Bears Den, qu'on s'est embrassés et qu'après c'est allé très vite (pas de dessin, hein, nous sommes homos...)
On a emménagé ensemble un peu moins d'un an après ça, le 1er mars 2003. On s'est pacsés le 12 septembre de cette même année, d'abord pour des raisons militantes qu'autre chose (vu que les avantages ne devaient venir que bien plus tard). En mai 2006, on a déménagé en face de BNF site François Mittérand. Je passe allègrement sur les problèmes de couple entre ces 3 années (infidélités, mensonges réciproques, crises). Maintenant, nous sommes apaisés, même s'il y a encore des problèmes (mon hyperactivité légèrement sous contrôle, ses manies...) Je sais quand ne pas dépasser les bornes du bordel, il sait quand me laisser la liberté dont j'ai besoin. Et puis niveau sexe, ça va beaucoup mieux, merci.
Bref, on est devenu un petit couple qui bouge pas vraiment, on bosse tous les deux (ouf) et on se laisse les week-ends à tous les deux le plus possible. Même pour aller au saune ensemble - ça fait bizarre, je le reconnais, mais au moins on est devenu franc, lui comme moi à ce sujet. Etonnement, c'est peut être encore ça qui nous a souder plus qu'avant. Je crois que ce dont avions besoin c'était de connaître les limites de chacun, tant en positif qu'en négatif, et aussi de ne plus être "l'un sur l'autre" en permanence. Nous nous laissons des moments de solitude (comme pour moi en ce moment) comme des moments de couple, y compris dans les choses aussi simples que les tâches ménagères, la cuisine, voire quand ça ne va pas, partager les malaises de l'autre (ce qui n'est pas aussi difficile que ça : comme Alain ne peut pas se servir de sa main gauche, je l'aide à se laver, s'habiller, faire ses lacets, etc).
Tout un tas de choses ennuyantes mais rassurantes. Nous en avions tous les deux besoin, de cette stabilité tant physique qu'émotionnelle.
Seul regret : avoir dû me séparer de certains amis, de ceux qui m'ont directement ou non, accompagné dans la descente d'il y a deux ans.
Heureusement, c'est passé. Reste plus qu'à perdre du poids :)