Le problème est celui ci : comment assurer à la population et aux industries des sources d'énergie à la fois fiables et non peu polluantes tout en assurant un coût minimum ?

La réponse ? On ne peut pas vraiment. D'où le non.
L'énergie la moins polluante est en fait toujours extrêmement dommageable à l'environnement, et ce à trois niveaux :

  • au niveau du déploiement local : il faut bien construire localement les moyens de transformation d'énergie, en général vers un mode électrique
  • au niveau des déchets : il y a la plus part du temps des rejets et émissions lors de la transformation, ou des déchets de ladite transformation : cendres au mieux, métaux radioactifs lourds au pire.
  • au niveau des matériaux : qu'il s'agisse de la construction des sources d'énergie (charbon, pétrole, cellules photovoltaïques) ou de leurs destruction (recyclage ou mis en fin d'activité)

N'oublions jamais que même les éoliennes font débat - ne serait-ce que pour leur implantation.

Quand on considère l'énergie, on peut le faire à différents niveaux, comme le fait l'ingénieur qui écrit ceci, ou comme le planifie le politique qui n'y comprends pas grand chose ou comme le considère le défenseur de l'environnement qui ignore à dessein l'appareil économique sous tendu par la notion de ressources énergétiques Forcément, je vais prendre d'abord le point de vue du producteur d'électricité...
Le premier niveau, c'est la source d'énergie elle-même. Il faut bien comprendre que nous sommes face à un des pires problèmes qu'on ait jamais affronté, qui est le changement global de notre environnement, même si on ne sait pas tout à fait comment celui-ci se produira. Pour cela, il nous faut considérer les gains, les pertes et les problèmes engendrés par les différents moyens de produire de l'électricité.

  • énergies fossiles : l'énergie est assez simple à transformer : dans les centrales dites thermiques à flammes, on fait chauffer de l'eau dont la vapeur sert à actionner des turbines qui génèrent l'électricité. Techniquement très adaptables, surtout si on utilise différents types de carburants (ex : les jets fuel qui permettent de démarrer plus rapidement). Différents taux de conversion énergétiques suivant ce qu'on veut faire (fuel oil, jet fuel, gas oil, crude oil, gaz naturels plus ou moins puissants, charbons, etc) Les pertes énergétiques restent importantes, même quand on maximise les effets de flamme (passage de l'énergie thermico-chimique transportée, à l'énergie mécanique puis électrique). Les théorèmes entropiques sont clairs - il y a de lourdes pertes - 3e principe de la thermodynamique anyone ? Les problèmes sont énormes - émissions de CO, de CO2, de divers dérivés nitrés et sulfurés, etc. Pour donner un exemple, les produits pétroliers de référence utilisés indiquent le pourcentage de soufre dont ils sont détenteurs (je rappelle que la production de dérivés sulfurés entraînent les pluies acides qui ont décimé les forêts, notamment de conifères. Emissions (et perte) de chaleur importante (pour le refroidissement)
  • énergie nucléaire : principe maîtrisé mais au combien potentiellement dangereux. D'un point de vue ingénierie, disons que le principe est àç peu près le même au niveau des turbines, sauf que ce n'est pas une flamme qui chauffe l'eau... Cela demande un plus grande maîtrise des process, un sécurité accrue et bien sûr une adaptabilité faible - on ne manœuvre pas une centrale à la journée ou à moindre granularité. Niveau émissions de gaz, on n'est pas censé en rejeter. Par contre, cela a un gros problème de rejet d'eau chaude et, en moindre mesure, d'air et de vapeur d'eau chauds (les fameuses volutes de fumée qui partent des tours de refroidissement si caractéristiques). Les centrales nucléaires sont ainsi très sensibles à la température extérieure (et à la sécheresse) tant en fonctionnement qu'en effet sur les fleuves et les lacs aux bords desquels elles sont installées. Notons aussi des risques peu connus des populations sur les flores et les faunes des rivivières (cf. bactéries, etc. qui pourraient profiter des installations thermiques (à flamme ou nucléaire) pour proliférer.
  • énergie renouvelable stockée : on pense aux lacs, aux barrages sur de grandes structures fluviales, etc. Investissement énormes et durables, fiabilité importante, manœuvrabilité quasi instantanée - modulo des règles de sécurité et d'utilisation, par exemple des lacs. Pensons aussi que nombre de barrages sont en fait construits près de lacs artificiels, donc destructeur de l'environnement qui les a vu construire. Le cas le plus connu du moment est en Chine. Autre petite chose : les grands barrages fluviaux se rapprochent des centrales au fil de l'eau (cf. ci dessous) et les barrages des lacs sont en fait des réservoirs d'énergie - souvent remis à niveau grâce aux surplus produits en journée par... le nucléaire et permettent d'assurer, en tant de crise, une dentelle intéressante.. Techniquement parlant, les barrages fluviaux maîtrisés permettent d'assurer une gestion assez bonne du réseau en permettant à la fois la base et la dentelle (cf. ... euh, je trouve plus l'article) - pourvu que les flux et les réserves soient gérés convenablement (c'est très difficile à gérer convenablement, cf/. problème de l'aléa des sources).
  • énergie renouvelables "fatales" : par énergie renouvelables fatales on pense à l'éolien, le fil de l'eau et le solaire. Fatal comme dans Fatum, le destin inéluctable (d'où fateen Anglais) - ce sont des approvisionnements qui en soit ne polluent pas (sauf la vue...), dont les installations sont (comparativement) moins chères, mais qui présente une faiblesse de taille : ces trois sources d'approvisionnement sont extrêmement aléatoire. Et s'il y a quelque chose que le réseau électrique n'aime pas, c'est l'aléa...




(ps : la suite demain)