La problématique dans la question "quel est ton but dans la vie ?" reste qu'on n'attend pas nécessairement que l'autre développe.

Peut être un peu plus qu'une réponse à un "comment vas-tu ?" mais guère plus.

Être heureux, ça vient en réponse à trois choses

  • c'est la version positive de ce sentiment de malaise que je ressens souvent, cette fêlure que je laisse transparaître quand je suis fatigué de la cacher ;
  • c'est une vision sublimée du futur - un but à atteindre, une réalité utopique. C'est un peu dire, pour reprendre un certain chat avec deux d, Un jour, quand je serai grand, je serai heureux.
  • c'est au delà aussi une conception du bonheur qui va au delà de moi, au delà du couple, de la famille. Je ne peux être heureux si je sais qu'autour de moi il reste du malheur.


Et ceux qui connaissent ma fumeuse théorie des sphères concentriques ou interdépendant savent que c'est bien encore ce troisième point qui pour moi reste essentiel.
Seulement, pour parvenir à ce but, il faut déjà que les deux autres aient été, d'une façon ou d'une autre, atteints.

Les activités caritatives, l'appartenance à des associations politisées ou à un parti politique, tout cela participe de ce que j'appelle le bonheur.
Au contraire même de l'esprit individualiste primaire, je pense que le bonheur de chacun ne peut se trouver que si autour d'elle ou lui il y a cet apaisement qui lui sera propice.

Sauf que le monde avec les jolis fleurs, les ballons roses et les petits anges tout nus ((c) François Pérusse) ce n'est pas pour moi. Pessimiste, c'est à dire réaliste, je me rend toujours compte de ce qui m'entoure. On saura que j'ai une certaine capacité à m'énerver face aux injustices que je perçois. Si je ne peux pas agir contre elles, je les dénonce.
Ce qui est vrai pour le monde qui m'entoure l'est aussi pour mes proches, plus encore, forcément, parce que cela me touche plus directement et que là, je peux agir - ne serait-ce que par une parole.
Cela a un lien, aussi, avec ce qui me manque, beaucoup, cet aspect spirituel que je m'efforce tant bien que mal d'éloigner pour ne pas avoir à penser à d'autres aspects liés qui me ramène à l'enfance - ces mêmes aspects qui font de moi quelqu'un qui a envie de croire en Dieu et qui rejette d'autant plus une Eglise dans laquelle il ne reconnaît plus aucune justification.

Bref, si j'aspire au bonheur, ce bonheur ne saura pas exister réellement tant que ce qui peut l'aider à se réaliser n'existera pas non plus.

Ce n'est donc pas gagné pour demain.