Sur l'efficacité du préservatif, deux choses sont à rappeler : son utilisation millénaire (si, si, renseignez vous) reste contraceptive, d'une part, et hygiénique d'autre part. Par ce second point j'entends à la fois une protection contre bactéries, virus et autre restes protéïques, mais aussi contre les échanges fluides (sans s'éterniser sur la question).

Par exemple prenons le cas de deux éléments qu'on veut bannir que sont le petit spermatozoïde et son bagage génétique (donc un but contraceptif hétérosexuel) et les virus HIV (dans un but de protection pansexuel).
Il faut savoir que le spermatozoïde est la plus petite (mi)cellule vivante et qu'un virus est lui aussi très petit - il y a d'ailleurs une certaine analogie entre les deux puisqu'ils sont tous deux essentiellement des poches de réserves de matériel génétique sans (presque) aucune autre fonction cellulaire. Je schématise ici pour dire que c'est vraiment très, très petit.

Si le spermatozoïde est principalement transporté par le sperme, rappelons qu'il l'est aussi, potentiellement dans les fluides préséminaux. Quant aux VIH, ils sont potentiellement présents dans tous ces fluides : sang & lymphe, sperme & fluides préséminaux, lait maternel mais ni larme, ni salive - sauf cas de laisions des muqueuses... Je reviendrai sur ce concept.
On veut donc empêcher carrément ces deux petites choses de passer du coprs de monsieur A (ou madame A dans le cas du VIH) dans celui de madame/mademoiselle/monsieur B.
Et là, il faut savoir ce que ça veut dire passer.
Passer, ça signifie entrer en contact avec... les muqueuses (et donc avec le sang ou la lymphe en contact avec lesdites muqueuses) ou l'un des fluides dont j'ai précédemment parlé. Si une blessure se trouve à l'endroit où le fluide se trouve (exemple : éjaculat pour ne pas le nommer), alors il y a fort à parier qu'un contact est possible. Attention, une blessure, ça peut être n'importe quoi, y compris les microfissures liées au rasage ou celles liées à une pratique sexuelle trop forte.

Et c'est là où je veux en venir.
L'efficacité de la capote est liée à plusieurs facteurs, et le défaut de ces facteurs explique les défaillances du mode de protection.

  1. la qualité du préservatif : en latex ou en silicone, les marques comme Durex, Manix ou Condomi vendue en France, par exemple, présentent des qualités adéquates. Pensez tout de même à vérifier que la capote est dotée d'une réservoir.
  2. l'adaptation du produit au rapport sexuel : par adaptation, on veut dire que normalement les capotes prévues pour la fellation, le coît vaginal ou les rapports anaux ne devraient a priori pas être de même nature - notamment, il faudrait que les capotes pour rapports anaux soient de meilleure qualité que les autres.
  3. l'adaptation du produit au mensuration du client : là, on parle de longueur et surtout de largeur. Si la taille King Size est la taille médiane française (contrairement à son nom, mais bon, il faut flatter le châlant), elle est surtout moyenne à la fois en longueur et en largeur. La longueur est importante, surtout pour les rapports anaux : c'est une histoire de muscle de la personne pénétrée - il faut que les muscles en question (sphincters) n'empêche pas que le pénis soit toujours couvert. La largeur, c'est une question de fuite (si elle est trop lâche) ou de rupture (si elle est trop serrée. Je sais de quoi je parle : on peut très bien porter une capote "normale" (cf. celle du SNEG), la supporter assez bien et puis, pouf, elle craque. Il vaut mieux tester les capotes avant y compris en se masturbant avec - si, si.
  4. la pose : en lien direct avec ce que je viens de dire, le problème de la pose - souvent la capote est mise dans la précipitation (souvent ? euh, quasi toujours, oui !); Or, cela signifie qu'elle peut être mal mise - la réserve est alors inutile ou encore la parfaite étanchéité n'est pas assurée. Il est donc primordial de savoir la poser sur sa verge en érection (cf. l'image proposée sur wikipédia, avec un vrai pénis). Je rappelle au passage qu'il est important aussi aux non circoncis de savoir quoi faire de leur prépuce : soit vous le descendez à max mais pensez bien à la réserve, soit vous le refermez et là attention aux fuites possibles. Une solution (que j'utilise :p) c'est de fermer le prépuce et de le "serrer" délicatement entre pouce et index avec la réserve en déroulant le "tube". Encore une fois : il faut pratiquer souvent pour être au top quand on aura à s'en servir.
  5. l'adaptation à la peau : problème d'allergie de certainEs au latex... à tester donc avant, de nouveau.
  6. la lubrification : si les gays y pensent souvent, ce n'est pas nécessairement le cas des hétéros qui oublient souvent que leurs petites amies/fiancées/épouses ne sont pas toujours naturellement super lubrifiées. Encore une fois, le manque de lubrification est une cause de rupture, ne serait-ce que de microfissures. A noter cependant deux choses extrêmement importantes : il ne faut pas utiliser de produit graisseux avec des captes latex parce que ça les rend poreuses, y compris aux VIH et au spermatozoïdes (!) ; il ne faut pas non plus utiliser avec une capote en latex de gel spermicide qui aurait la facheuse tendance à rendre lui aussi la capote poreuse (pas trop grave vis à vis du spermatozoïde alors tué par le gel, mais gravissime vis à vis des ist et du VIH en particulier. En gros, je rappelle que le gel aqueux (moyen mnémothechnique) sert à la fois à pénétrer sans (trop) de douleur, mais aussi à éviter tant aux muqueuses qu'au latex de présenter des microfissures/coupures liées aux mouvement de va et vient parfois rapides, saccadés, etc.

Voilà, voilà...
Les études pratiques ont montré qu'adapter une capote à l'utilisateur et à son utilisation et bien lubrifier la capote et le/la partenaire permettait d'augmenter de façon impressionnante le taux de non rupture, de non fissure, etc.
Forcément, là, je n'ai pas les chiffres mais par ordre d'importante voici les éléments importants :

  1. s'assurer de la qualité de la capote
  2. bien l'adapter à son besoin (taille, largeur, type de rapport)
  3. bien lubrifier


C'était un message d'utilité publique.


Je n'ai pas parlé du fémidon ou de la digue dentaire parce que c'est trop peu connu voire cher. Pour plus d'information, me demander explicitement ça à cossaw at cossaw point net.