Je surprends, je sais - non parce que je râle après lui, parce qu'après tout un couple n'est pas une unité uniforme. Ce n'est certainement pas notre cas. Nous sommes différents, complémentaires, agacés, justement, par les différences qui nous rassemblent.
Je surprends, souvent, quand j'explique comment nous fonctionnons et comment nous avons passé le cap, difficile, de ces quelques 7 ans bientôt. 7 ans que nous nous connaissons, bien que nous ne soyons pas sortis ensemble tout de suite. Certains se rappelerons combien il me faisait pitié au début, avant que je connaisse ses tracas, et avant que je tombe amoureux de lui.

Nous sommes deux personnes foncièrement indépendantes qui ne peuvent vivre qu'ensemble. Deux individus qui ne conçoivent la vie qu'en commun. Nous vivons l'un à côté de l'autre, partageons le minimum, m'a-t-on une fois dit. Quel est donc ce minimum ?
On m'a dit pourquoi vis tu avec quelqu'un de si différent, sous entendu, trop différent, socialement comme culturellement. A part une fin de non recevoir, que cela mérite, la réponse est simple, comme l'a soulevé celui que je recontrais la semaine dernière, c'est peut être cette différence là que chacun recherchait.
On m'a dit vous n'êtes pas un couple, j'ai répondu pas un couple hétéro, en voyant que c'était bien ça qui était reproché. Un casse toi, hé, pédé aurait été aussi explicite.
On m'a dit vous n'êtes pas fidèles, tu n'es pas fidèle. Peut être le suis-je plus que bien d'autres. Certes, on me dit cynique quand j'explique la différence entre sexe et amour. Mais j'ai mes barrières, plus fortes aujourd'hui, je l'accorde. Je ne dors qu'avec Alain. L'exception, à Londres, est justement à lier au lieu. Je ne dors bien qu'avec Alain à mes côtés (notons bien que je dors patrfois mal à ses côtés :p ). Oui, j'ai des rapports sexuels avec d'autres mecs, mais je ne couche qu'avec Alain. Pour être cru, l'embrasser continue à me faire bander bien dur.
On m'a dit l'un domine l'autre, toi par l'argent, lui par les sentiments. Peut être, mais je ne vois pas les choses ainsi. Outre qu'il m'a une fois fallu être assez explicite sur la notion qu'on voulait coller (i.e. top/bottom, n'est-ce pas), ce qui nous lie est aussi lié à ce qui lie tant d'autres. Ce n'est pas le cœur de notre liaison, c'en est la conséquence ou le soutien - matériel. Quand je le vois, je vois mon mec, parfois splendide, parfois ringard, parfois beau, parfois défraîchi - je vois toujours mon compagnon, mon amoureux. La matérialisation de cette relation, comme celle de tous les autres, a ses travers, ni plus, ni moins. Comparé à lui, je suis trop réfléchi, trop loin des réalités ; comparé à moins il est trop terre à terre et ne voit pas assez loin. J'imagine notre avenir, il le réalise d'une certaine façon, mais nous le façonnons tous les deux. Je ne sais pas planter un clou, et alors ? Il a souvent besoin de mon aide intellectuelle, et alors ?
Nous sommes comme nous voulons être, et si ça ennuie les autres, qu'ils aillent se faire pendre.


(ce message contient quelques réactions épidermiques face à des camarades bien intentionnés pour moi qui m'ont légèrement cassé les couilles ce soir)