Ce que je vois de lui
Par cossaw le jeudi 2 octobre 2008, 22:47 - My eyes are full - Lien permanent
Il est parti dormir. Nous n'avons même pas pu finir ce DVD qu'on a pourtant
vu un certain nombre de fois - Tatie Danielle !
Il est fatigué, éreinté par un travail ingrat dont il bénéficiera cependant
dans quelques mois - sa titularisation ne semble en effet pas poser de
problème.
Disons que le mec qui lui a sorti, en l'insultant un toi, ta femme, c'est
mec ne le gênera plus. La mairie est, apparemment, à cheval sur les non
discriminations.
Ce garçon de 41 ans avec qui je vis, il me surprend toujours, il m'agace, il me
lace. Il me fait peur, il m'angoisse parfois. Mais il m'attendrit et il
continue à m'aimer comme je l'aime en retour.
Faut il voir les défauts de l'autre pour en apprécier d'autant plus ses
qualités ?
Je surprends, je sais - non parce que je râle après lui, parce qu'après tout
un couple n'est pas une unité uniforme. Ce n'est certainement pas notre cas.
Nous sommes différents, complémentaires, agacés, justement, par les différences
qui nous rassemblent.
Je surprends, souvent, quand j'explique comment nous fonctionnons et comment
nous avons passé le cap, difficile, de ces quelques 7 ans bientôt. 7 ans que
nous nous connaissons, bien que nous ne soyons pas sortis ensemble tout de
suite. Certains se rappelerons combien il me faisait pitié au début, avant que
je connaisse ses tracas, et avant que je tombe amoureux de lui.
Nous sommes deux personnes foncièrement indépendantes qui ne peuvent vivre
qu'ensemble. Deux individus qui ne conçoivent la vie qu'en commun. Nous vivons
l'un à côté de l'autre, partageons le minimum, m'a-t-on une fois dit. Quel est
donc ce minimum ?
On m'a dit pourquoi vis tu avec quelqu'un de si différent, sous
entendu, trop différent, socialement comme culturellement. A part une fin de
non recevoir, que cela mérite, la réponse est simple, comme l'a soulevé celui
que je recontrais la semaine dernière, c'est peut être cette différence là que
chacun recherchait.
On m'a dit vous n'êtes pas un couple, j'ai répondu pas un couple
hétéro, en voyant que c'était bien ça qui était reproché. Un casse
toi, hé, pédé aurait été aussi explicite.
On m'a dit vous n'êtes pas fidèles, tu n'es pas fidèle. Peut être le
suis-je plus que bien d'autres. Certes, on me dit cynique quand j'explique la
différence entre sexe et amour. Mais j'ai mes barrières, plus fortes
aujourd'hui, je l'accorde. Je ne dors qu'avec Alain. L'exception, à Londres,
est justement à lier au lieu. Je ne dors bien qu'avec Alain à mes côtés (notons
bien que je dors patrfois mal à ses côtés :p ). Oui, j'ai des rapports sexuels
avec d'autres mecs, mais je ne couche qu'avec Alain. Pour être cru, l'embrasser
continue à me faire bander bien dur.
On m'a dit l'un domine l'autre, toi par l'argent, lui par les
sentiments. Peut être, mais je ne vois pas les choses ainsi. Outre qu'il
m'a une fois fallu être assez explicite sur la notion qu'on voulait coller
(i.e. top/bottom, n'est-ce pas), ce qui nous lie est aussi lié à ce qui lie
tant d'autres. Ce n'est pas le cœur de notre liaison, c'en est la conséquence
ou le soutien - matériel. Quand je le vois, je vois mon mec, parfois splendide,
parfois ringard, parfois beau, parfois défraîchi - je vois toujours mon
compagnon, mon amoureux. La matérialisation de cette relation, comme celle de
tous les autres, a ses travers, ni plus, ni moins. Comparé à lui, je suis trop
réfléchi, trop loin des réalités ; comparé à moins il est trop terre à
terre et ne voit pas assez loin. J'imagine notre avenir, il le réalise d'une
certaine façon, mais nous le façonnons tous les deux. Je ne sais pas planter un
clou, et alors ? Il a souvent besoin de mon aide intellectuelle, et alors
?
Nous sommes comme nous voulons être, et si ça ennuie les autres, qu'ils aillent
se faire pendre.
(ce message contient quelques réactions épidermiques face à des
camarades bien intentionnés pour moi qui m'ont légèrement cassé les
couilles ce soir)