On lui prévoit déjà une jolie préretraite dorée paisible pas terrible en Lorraine. Son seul crime ? N'avoir plus de place dans l'entreprise et coûter trop cher (en termes de salaire) pour un placard doré.

La recentralisation des services décentralisés sous Mittérand fait que le poste que mon oncle occupait il y a encore six mois a été supprimé. Plus de site qu'il dirigeait à environ 45 minutes de chez lui. On lui propose deux postes en même temps, l'un basé en Lorraine, l'autre à Montrouge. Aide au départ pour la région parisienne de l'ordre de 150€. Chez EDF, c'est vraiment beaucoup plus... mais EDF n'est pas aussi privatisé que l'est FT.
Bref.
Cet oncle, au demeurant super gentil, et qui n'a pas osé utiliser ni ses connections syndicales (alors qu'ils les a utilisées pour d'autres fonctionnaires de FT), ni ses connections politiques (il est vrai, à gauche), se retrouve donc à mendier un poste de gestionnaire... du CE de FT.

Mais tout n'est pas fini.
En effet, on lui propose de partir en préretraite. Manque de pot, il est né en décembre 1953 (un gros mois avant son épouse, la sœur de ma mère). Il ne peut pas prétendre aux "aides au départ en retraite anticipée". Il a son nombre d'annuités (il a commencé jeune à la poste et ses années d'étude supérieures, payées à l'époque par l'État, sont comptabilisées. Mais il est trop jeune.
Alors on lui propose de contourner la loi. Juriste d'une rectitude incontournable, il refuse. Comme il avait refusé, il y a 10 ans, de signer des bilans comptables faux (et ainsi permis de forcer au départ un malheureux falsificateur). Cet oncle, il est du genre à refuser les pots de vins et à partager avec ses équipes les cadeaux offerts (...) par les fournisseurs.
Résultat, dans six mois, il risque de se faire... saquer.
Raison officiel : refus de mutation.