Certes, on ne doit pas parler d'homosexualité parce que le terme est anachronique, mais c'était réellement une problématique du roi Ludwig der zweite...

Grosso modo, Louis 2 était ce qu'on appellerait homosexuel absolu à un moment où cela était non seulement criminel mais fatal - pour la monarchie transmise par le droit de sang.

Pas vraiment la peine de s'éterniser sur le sujet, mais c'est un sujet important : les tiraillements, et les mauvais souvenirs (on a fait exécuter sous ses yeux un amant (platonique) quand il était enfant. Peut être une des sources de sa "folie".

L'historien homo face à l'historien hétéro, c'est là la différence qu'on note. Parce que si on essaye d'analyser le comportement du roi, il est intéressant de noter son homosexualité justement parce que ce n'est pas la norme, plus encore pour ce moment là. La discussion durant environ 5 minutes, l'historien hétéro sort une phrase formidable, qui fait sourire les deux autres historiens et le présentateur (Bern...) : il dit qu'avec Louis II c'est la cage au folle qu'on essaie de présenter. Et là, les réactions des autres intervenants sont intéressantes : au lieu de le contrer bêtement, ils avancent l'argument que la honte intériorisée est un élément important de la vie et des "problèmes" rencontrés par Louis II. Le point intéressant, donc, est que les chroniqueurs ne sont pas bloqués dans la vision de la sexualité, et utilise l'argument de la sexualité, ici homo, pour expliquer le personnage - et pas pour le caricaturer.

Fondamentalement, là où l'on comprend le problème de l'historien hétérosexuel, c'est qu'il n'arrive pas à mettre son hétérosexualité de côté - et qu'il ne comprend pas qu'outre le fait qu'on ne parle aps d'homosexualité à cette époque est que les personnes en sont pas nécessairement aussi sexuellement identifiables qu'il le croit. Pour contrer l'argument qu'un roi, il avance l'argument des maîtresses et des enfants naturels. Quel imbécile ! En se rendant aveugle de cette façon, on oublie totalement que les sexualités ne sont pas aussi figées que l'hétérosexuel pur veut le croire. Il force le pas à la réalité historique. Les rapports homosexuels, certes mal vus, ne devait pas être connus du publique, devaient rester secrets. C'est ça que Louis II ne pouvait vivre - il n'a pas pu passer à l'acte en se mariant, par exemple.

Toujours très intéressant, c'est effectivement le fait que tous les historiens ne pensent plus par défaut que l'homosexualité et l'hétérosexualité sont synonymes de comportements ; ils ne se limitent plus à hétéro ou exlusif fomo, par exemple, et essaie de voir au delà des conventions héritées du XIXe siècle. On voit l'historien hétéro borné comme une survivance d'un formalisme qui n'a plus lieu d'être.

Cf. les livres parus aux éditions H&O de Didier Godard (par exemple son dictionnaire). Evidemment, comme il ne va pas expliciter toujours l'histoire autour des personnages, on a l'impression qu'il se limite à l'homosexualité/bisexualité des intervenants avec peu de contexte, mais c'est intéresant à lire puisque Godard explicite plus que je ne peux le faire ici l'homophobie (il n'y pas d'autres termes) des historiens non homosexuels...