La page de wikipedia, référencée ci-dessus, est assez claire sur l'histoire. Passons.

Mugabé est un dictateur, tout le régime reposant sur une tyrannie militaire. Les opposants sont traîtés de cochons ou de chiens (les homosexuels étant, d'après Mugabé, "pires que des porcs"), et son, apparemment, victime de toutes les exactions imaginables - et celles qu'on n'ose pas imaginer.

Récemment, les élections étant un peu moins sous le contrôle du despote reignant du haut de ses 84 ans, les opposants menés par Tsvangirai ont gagné ls élections. Les observateurs ont beau eu vouloir forcer la main du régime, celui-ci n'a pas plié - à peine a-t-il accepté un second tour, perdu d'avance. Pourquoi ? Parce que les partisans de l'opposant ont fui le pays, ont été battus voire tués (raison de l'exil des survivants) ou tout simplement privés de libertés - Tsvangirai lui-même ayant fait un tour en prison politique pendant que Mugabé pavanait à Rome.

Rappelons ici que Mugabé est raciste, et que l'épuration ethnique qu'il a mené, en tant que chef du gouvernement puis président, a fait non seulement partir les communautés blanches, mais aussi des centaines de milliers de noirs ! Rappelons que, comme souvent, il retourne le compliment à ceux qui le critiquent - critiques internes comme externes sont donc taxés de racisme, d'homosexualité (un crime à ses yeux), de vouloir brader la patrie, etc. On connaît ce genre de discours.

Or, avec tous ces travers, Mugabé a été rejeté par tous, Américains, Européens, et c'est là le plus important, Africains démocrates. Cependant, 'personna non grata'' sur le territoire européen, on a pu le voir à la conférence récente qui se tint à Rome suite à la crise alimentaire "du blé et du riz" et des "émeutes de la faim". Mais comment pouvait il être à Rome alors qu'il est interdit de territoire ? Parce ce que, diplomatiquement, il est chef d'Etat, et chef d'un Etat particulièrement frappé par la crise. En effet, elle a été particulièrement morbide au Zimbabwé - déjà frappé d'un taux d'inflation de près de 100 000%/an - i.e. les prix sont multipliés par mille en un an !). L'agriculture de ce pays s'est, comment dire, désagrégée - au profit de ceux qu'on appelle par euphémisme "les amis du régime". Adieu, l'autosuffisance. Malgré la pénurie, et par l'aide de la banque alimentaire mondiale, le Zimbabwé pourrait payer une partie de ses besoins.

Car le Zimbabwé est riche - par soi-même et après avoir volé des richesses à ses voisins congolais. Principalement, il s'agit de richesses minières. On sait où vont les richesses, dans un régime de junta. Là, on atteint le pire du principe : affamer sa population. Comme dans toute bonne tyranie qui se respecte, le problème vient d'autrui. En l'occurence, des sanctions américano-européennes. Notons que la Chine, elle, n'a "pas de problèmes" avec le régime actuel, et s'en accomode - comme elle sait le faire vis à vis des tyranies africaines, qu'elle pille tout autant que les européens et américains le faisaient avant elle...

Outre la crise alimentaire, il existe deux crises de santé publique. L'une, véridique, est celle du Sida. Niant son existence, la relégant (on ne s'en étonnera pas) à une maladie importée par les blancs et les tapettes, le VIH a fait s'inverser la dynamique de la courbe des croissances démographiques. La seconde, c'est une folie furieuse du régime - la xénophobie poussée à l'extrême de la paranoïa.Cette paranoïa est souvent l'indice de la fin du régime, chute par l'intérieur d'ailleurs - par un renversement militaire ? En tout cas, la population, scindé en ethnies, tournées les unes contre les autres, n'est peut-être pas encore en mesure de s'en rendre compte, mais la fin du régime approche.

Ne serait-ce que parce que Mugabé a 84 ans...