I can be cruel, I don't know why

Chaque histoire, chaque chanson, chaque girl comme les appelle Tori, est un univers replié sur lui-même, et pourtant chacun de ces mini-univers communique avec les autres - comme le plan inclus dans la pochette le matérialise.

Plus que dans les albums précédents, l'association entre la musique et les images, le lien entre les évocations de la réalité et la lourdeur des faits, est intense. Quelle réalité est sous-jacente à chacun des titres ? Peu importe, ou tout importe, selon qu'on se laisse bercer ou qu'on entre en profondeur dans la détresse...

Amos, avant de donner naissance à sa fille, avait fait plusieurs fausses couches, et From the choirgirl hotel est emprunt de la détresse, de la colère aussi, qu'elle resentait. Playboy mommy en est le plus bel exemple. Comment une telle chanson peut-elle naître d'un évènement pareil ?

Chacune des chansons, d'après Amos, parle d'une femme, ou d'un aspect d'une même femme. De la lesbienne de Rasperry Swirl (rasperry == le clitoris) à la femme qui se perd lors de son mariage et évoque le souvenir de Jacky Bouvier Onassis Kennedy, Amos présente des femmes, ou parle d'elles. On sait qu'elles ne sont qu'un aspect de sa propre personnalité. Ses souvenirs, ses fantasmes, ses désespoirs s'affrontent, et produisent ainsi l'un des tous meilleurs albums de 1998.

Si le piano et la voix restent les principaux vecteurs de l'émotion, l'utilisation d'autres instruments, présents d'ailleurs sur scène, apportent un changement important, déjà engagé avec Boys for Pele, le précédent album. Un jeu avec la musique électronique qui se mêle bien à l'univers d'Amos - et laisse aussi la possibilité aux remixer d'intervenir (cf. les singles, notamment pour Rasperry Swirl).

Cet album est emprunt d'une atmosphère dépressive, même les titres up-beat (Rasperry, Cocaine) sont en fait autour de sujet durs - dépendance amoureuse et affirmation homosexuelle. Lien entre le passé (Little Earthquake, Under the Pink, Boys for Pele) et l'avenir (To Venus and back, ...), From the Choirgirl marque aussi l'un des derniers moments de véritable mélange bonheur/malheur pour Amos - les albums suivants auront d'ailleurs moins de succès. A croire qu'il fallait qu'Amos soit dépressive et au bord des larmes pour que ses titres sonnent plus vrais et aient plus de goût... Weird !

Tracklisting

  1. Spark
  2. Cruel
  3. Black-Dove/January
  4. Raspberry Swirl
  5. Jackie's Strength
  6. Iieee
  7. Liquid Diamonds
  8. She's Your Cocaine
  9. Northern Lad
  10. Hotel
  11. Playboy Mommy
  12. Pandora's Aquarium