Je dois déjà dire que là où je bosse, je sais par expérience qu'il n'y a ni racisme, ni machisme, ni homophobie dans le recrutment. Il faut malheureusement constater qu'il y a peut-être, aller, 10% de non blancs. Le but étant de parler de minorités, je suis bien obligé de trouve run moyen de les citer. Quelle que soit l'origine ethnique de leurs parents, ils n'ont trouvé ici aucune opposition à leur vie professionnel. On cite souvent une collègue, d'origine algérienne, qui est à la fois très grande spécialiste de la finance de marché qui est aussi membre de SUD et très anticléricale - pas exactement comme une autre collègue qui vient au bureau voilée (léger voil, d'ailleurs elle est très coquète). Bref pas de ségrégation. Notons que les deux personnes dont j'ai cité l'existence sont respectivement docteur en math financière et thésarde.

Nous ne discriminons pas sur les aspects extérieurs, ni sur l'identité de genre, ni sur l'identité sexuelle, le handicap. Pour ces derniers, nous avons des installations adaptées, nous apprenons les mesures de secours les concernant en stage de secouriste, etc.

Ce que nous discriminons, bien sûr, c'est sur les diplômes et les expériences professionnelles. Comme je le disais, peu de gens issus de la fac, mais tout le monde a quand même un niveau bac +5 (mon ancienne assistante avait une license d'éco...) à +8 voire des thèses d'Etat pour certains.

Le fait est que nous recrutons plus d'hommes que de femmes, plus de blancs que de non blancs. Prenons les propositions de thèses : sur la vingtaine de sujets actuels, six sont pris par des femmes (blanches), un par une femme d'origine maghrébine, deux par des hommes noirs, un par un asiatique, deux ou trois par des hommes d'origine maghrébinne, les autres par des hommes blancs, donc - et pas forcément français, d'ailleurs. Bref, on ne peut pas vraiment dire qu'on discrimine ni sur le sexe, ni sur l'origine.

Et pourtant, on se rend vite compte, rien qu'aux prénoms et noms de famille, que la majorité des agents de la R&D sont effectivement des hommes blancs - majorité faible, certes, mais majorité quand même.

Les postes à responsabilités sont tout autant ouvert aux hommes qu'aux femmes. Sur 5 groupes, il y a actellement 2 chef de groupe femme. Mon chef de département est actuellement un homme, mais c'était une femme qui dirigeait le département où j'ai commencé. L'adjoint est un homme, son prédécesseur (qui est l'actuel chef) aussi, mais avant eux deux, il y avait eu deux femmes. Quasiment tous blancs, ceci dit. Et ce n'est pas un effet de la politique nataliste du groupe (vu la moyenne d'âge, la majorité de mes collègues sont soient parents de jeunes enfants soit en attente !). Le décallage est assez normal - après leur retour de congé maternité, nos collègues reprennent des postes équivalents et se voient offrir des occasions identiques à celles des hommes (j'ai un exemple à deux bureau de moi :p)

Et d'où vient le problème ? Pourquoi cette apparente inégalité ? Peut être faut-il se poser la question autrement.

L'inégalité apparente est-elle une inéquité ? Et là, je pense que non, en fait.

La "chance" est la même pour tous. C'est bien avant qu'il faut aller voir la source des différences.

J'ai cité à un moment le milieu social. C'est là le creuset de la différence - il n'y a pas de melting pot, justement. Une perpétuation existe - des parents ayant une éducation supérieure vont tout faire pour que leurs enfants en ait une. A l'inverse, des parents peu éduqué ne pourront pas forcément aider leurs enfants à l'obtenir. Idée basique, trop simple, mais souvent vraie. On parlerait plutôt d'échelle sociale gripée il y a une vingtaine d'année et en panne désormais, voire détruite. Ce n'est pas faire honte à notre éducation que de dire qu'elle ne peut plus jouer ce rôle là - les causes multiples ne sont pas uniquement à chercher par là, mais j'y vois un gros "potentiel". Nous parlons aussi souvent du problème des jeunes filles qui fuient les fillières scientifiques, dès la 1ère - alors qu'elles sont reconnues comme étant en moyennes meilleures que leurs camarades masculins. Un effet de stats ? Seules les filles intéressées restent, les garçons vont là parce qu'on le leur a dit... mais ça n'explique pas tout. Pour certains métier, évidemment, il y a aussi une question de prestige, d'argent voire de glamour : chercheur, c'est pas très glamour ; middle office chez un courtier, ça l'est plus et ça rapporte bien plus. Et puis, on sait tous que beaucoup de jeunes chercheurs, notamment ceux dont les familles sont issues de l'immigration, vont assez souvent voir "ailleurs", car les études scientifiques sont mieux payées à l'étranger qu'en France. Les industriels français ont souvent un réflexe de vision à 1, 2 ou 3 ans pour leurs investissement - une thèse, si elle dure trois ans, n'est valorisante, réellement, qu'après 5 à 10 ans au mieux ! Voilà des raisons qui font que le système se perpétue et permet toujours "aux mêmes" - plutôt aux répliquants - d'investir les lieux. J'ai cité : les hommes blancs issus d'un milieu socio-professionnel et culturel plutôt aisé.

Et pourtant... Et poutant, il y a des occasions.

Les sujets qui intéressent une entreprise comme la mienne sont majoritairement scientifique, de haut niveau. Outre le fait que les filières sont désertées par les jeunes femmes, il y a même moins de jeunes gens (garçon et filles) aujourd'hui qu'il y a encore 10 ans qui s'y intéresse - d'après des statitiques qu'un ami professeur agrégé de maths m'a montrées. L'excellence, avant, c'était la prépa + la grande école, qui offrent bien souvent les clefs pour rentrer dans nos labos. Si on pleure qu'une certaine jeunesse quitte la navire France, cela laisse aussi la place à ceux qui pour des raisons inavouables n'auraient pas pu y accéder.

Prenons un exemple où les débouchés existent, dans un domaine reconnu comme de pointe mais dont les gens se sont détournés faute d'occasions d'emploi. Je pense au nucléaire par exemple, à toute la filière d'ailleurs : du technicien au chef de centrale en passant par le génie "civil" et les bureaux d'étude.

(pas fini)