Tout repose sur une notion principale : le sous-jacent, la commodité. Ici, la commodité, c'est le pétrole, mais on pourtait parler d'orange, de viande de porc, de disques de Michel Sardou, de droit d'émission de gaz ou d'électricité.

Parlons du produit à terme. C'est un produit qu'on achète à une date mais qu'on recevra plus tard. Il peut être livré sur une période de temps variable mais selon une période donnée (un mois, par exemple). Par exemple, aujourd'hui le "brent crude oil" livré en avril (donc à partir du 1er avril et pour la période du mois d'avril) était à 107$/bbl (=baril).

Le volume est fixé - ou plus précisemment, le prix par unité de volume et le volume sont fixés. Attention, volume ne signifie pas toujours "volume" au ens géométrique. Par exemple, pour le pétrol on parle souvent de baril de brut ce qui est un volume alors que pour le charbon on parlera de MT (metric ton) soit une masse. La raison est simple : liquide (certes visqueux) vs. solide.

Un produit à terme peut être acheté à (presque) toute date précédent sa livraison - modulo un délai de livraison ; ainsi le produit livré pour Avril 2008 sera coté vraissemblablement jusqu'au 28 mars (ordre de grandeur). A chaque date (voire heure voire moins que ça), on va définir une cotation, c'est à dire un prix du produit coté à la bourse, prix proportionnel mais auquel il faudra malgré tout rajouter des taxes, bien sûr, mais aussi coûts de transports, de stockage, etc. Lorsqu'en plus le produit subit des manipulations, comme c'est le cas pour les diférents dérivés pétrolies, le prix s'en ressent. Ceci explique pourquoi le prix à la pompe n'est pas la représentation fidèle du prix de marché.

Bien sûr, cela n'explique pas tout : en général, les hausses de prix sont répercutées pour le consommateur final plus vite que les baisses - et ce malgré le fait que, justement, le pétrole utilisé par un conducteur lambda a été acheté il y a souvent plusieurs mois. Il a ensuite été stocké, traité, transformé, transporté... et il subit aussi le jeu de l'offre et de la demande locale, pas seulement celui de la bourse : vous l'aurez constaté, le prix dans un rayon donné est assez souvent stable, mais une station perdue au trou du cul du monde peut à peu près faire ce qu'elle veut !

Bref, voilà donc le produit de base financier : le produit à terme ou forward. Dans le cadre où je travaille, nous utilisons plusieurs familles de produits. Deux grandes familles de représentation : le "ahead" et le calendaire.

  • Le "ahead", aussi appelé glissant, c'est un produit qui est défini par rapport à aujourd'hui (en anglais) : one day ahead, two weeks ahead, one month ahead, one quarter ahead, one year ahead sont donc des produits définis à partir d'aujourd'hui et pour demain, dans deux semaines, dans un mois, dans un trimestre, dans un an.
  • le produit calendaire est défini comme commençant le 1er jour d'un mois à 00:00 et terminant le 1er jour d'un autre mois suivant à 00:00. On distingue en général les produits mensuels, trimestriels, saisonniers(été/hier) ou semestriels, annuels écrits sous une forme condensée : 200805, 2008Q3, 2008WIN, 2010 représentent respectivement des produits d'un mois (livré en mai 2008), d'un trimestre (livré sur juillet, août, septembre), d'un hiver (d'octobre 2008 à mars 2009 inclus) et annuel (sur tout 2010). Un type supplémentaire est le Balance of the Year (ce qu'il reste de l'année, en gros) qui est un produit annuel très particulier.

Tous ces produits permettent de définir ce qu'on appele un prix forward, noté F(t,T), qui est le prix à la date t d'un produit futur livré à la date T (t<T). On dispose aussi d'un prix dit spot, St qui est le prix à un moment donné du sous-jacent. En gros, si tout se passe bien, la limite quand t tend vers T de F(t,T) c'est St : plus on se rapproche de la date de livraison, plus le prix utilisé est proche du prix "spot" instantanné.

Voilà, c'est déjà pas mal pour le moment.