Plus présisemment, si j'en suis moi-même tout à fait capable, je pense que les emportements ne vallent rien. Ils défoullent et permettent de lâcher le trop plein de colère qui peut souvent exister. C'est clairement mon problème, à vrai dire. Formuler un problème de façon concise est pour moi anathème, je vais cependant essayer d'apporter quelqu'eau à mon moulin.

Le problème moral est souvent une vision manichéenne des choses, et pourtant, on peut les expliciter de manière plus ou moins pragmatique ou matérielle, et évaluée aussi bien d'un point de vue spirituelle qu'éthique. Les règles fondamentales, celles séparant le bien et le mal, sont parfois très pratiques - le refus de l'inceste (problème éthique et moral fondateur, d'après Levi-Strauss) au delà d'une vision éthique est avant tout un problème pragmatique de non dégénérescence. Tu ne tueras point, etc. là se trouvent des notions à la fois de paix civile et d'éthique religieuse devenu par la force des choses éthique tout court.

Le problème, à mon avis, de l'appuis religieux plutôt que séculaire de la morale et qu'il crée de facto la notion de relativité. Relativité au fait qu'on partage ou pas la religion en question ou relatif entre les diverses religions qu'elles aient ou non des racines communes. On peut d'ailleurs aussi accoler au terme "morale religieuse" le terme "morale politique" ou "identitaire" - la Chine qui s'oppose aux notions "européennes" des Droits de l'Homme est en train de nous le montrer. Hors, pour résumer, la morale reste une notion locale et elle varie selon l'endroit d'où elle est émise. Est-ce acceptable ? Peut-on ériger une morale au delà des nations différentes, des religions opposées, des identités variées ? L'instinct et la philosophie me diront oui là où les "princes dictateurs" (au sens de Machiavel) quels qu'ils soient me diront non.

En réalité, l'émergence de règles dans la société, leur redéfinition ou bien encore leur écriture dans le marbre de la constitution, tout cela doit être vu depuis suffisamment de points de vue pour représenter de façon légitime ladite société. Des points de vue éclairés, et surtout non dictés. Parce qu'à la base de la morale se situe la notion de libre arbitre. Celle ou celui qui n'a plus son libre arbitre n'est aps en position de juger. Car voilà la seconde notion de morale. Elle permet de juger, d'estimer, de valoriser un côté plutôt qu'un autre. Tout comme une personne privée de son jugement, dite inconsciente, ne peut être reconnue coupable pénalement d'un crime, une personne privée de son libre arbitre ne peut être moralement responsable de ses actes. Des situations invraisemblables nous le prouvent : on peut avoir les plus hautes considérations éthiques en tête, en situation de crise, notamment pour sa propre vie ou celle des siens, on n'a pas nécessairement le luxe d'être moral. Est-ce vrai ? Je n'en suis pas sûr, et je pense que c'est un dernier aspect de la morale qui doit intervenir ici : sa flexibilité, même limitée. Une morale de fer n'est qu'une liste de règles fixée par une société, une religion. Les cas de crise, précisemment, appellent non à la lettre des règles mais à leur sens ; il faut alors définir quelle hiérarchie mettre en place entre les diverses couches de la morale. Trahirais-je les miens pour sauver ma peau ? Je crois que l'analogie judiciaire peut nous apporter une réponse : ce n'est pas parce qu'une personne est reconnue irresponsable qu'elle est innocente - pour se protéger d'un fou furieux, on l'enferme ; pour se protéger d'un tueur en série, on l'enferme. L'enfermement n'est pas tant une putition qu'un moyen de défnese temporaire de la société dont la morale dicte qu'elle doit essayer de particier à la réforme de ceux qu'elle a incarcérée, en prison ou en hôpital psychiatrique...

Bref, comme souvent, il faudra que je revienne sur le sujet. Parce que j'ai oublié la notion de balencier moral que je voulais aborder :)