Là où tu vas, je n'irai pas. Les laurieurs sont depuis trop longtemps coupés, il n'y a plus rien à cacher. Séparons nous, c'est ce qu'il reste de mieux. Un jour, peut-être, nous rêverons nous de nouveau.

Tant d'années passées à se regarder. Tant de rires et de pleurs avec l'autre échangés. Ces moments d'alégresse quand le monde nous souriait laissaient mieux la place au vide où la mélancholie s'installe.

Deux vies ne s'unissent pas, elles cohabitent, au mieux. L'échange des coeurs n'a qu'un temps que l'échange des corps ne sait faire perdurer. Solitaire en couple, telle était la définition de la vie avec toi.

Vies symétriques et parallèles, qui ne jamais se croisent. Et pourtant, un soir il y a bientôt six ans, ces lignes se croisèrent. Et telles deux figures voguant chacun à sa guise, nos directions reprirent bien vite leur cours.

Rien n'est vraiment perdu quand il n'y a jamais rien eu. Ainsi, je sais que je te perds, ce soir plus encore que je n'y voyais. Tu as éclairé ma vie, mis en relief ce que je croyais terne. Je t'ai évitér la noyade, t'ai réappris à nager.

Dans tes bras, l'avenir n'existait plus, ni le passé. Le présent s'imposait avec la force de ta chaleur. Côte à côte, ou lové l'un autour de l'autre, nous partagions cette joie simple, si vite brisée.

Pourquoi pars-tu mainenant ? Je n'ai plus besoin de toi ni toi de moi - nous avons dépassé cette réciproque dépendance. Allons alors au delà. Partageons simplement la vie qui nous unit, encore, en ce moment.

Viens, avec moi, ce soir, nous dormirons, et remettrons à demain ces rêves médiocres que nous avons osés...