Drôle, Basile de Koch ne l'est pas et sous couvert d'un discours ventant la capacités des LGBT ) dévier des normes imposées, l'article démontre surtout une connerie crasse. A moins que ce soit du 3e degré d'humour dont l'auteur est friand. Qui sait ? Son jeu de dire "j'attends des attaques et ceux qui réagiront seront forcément des cons" est irritant. Remarquez, Embruns l'a bien fait cette semaine.

Un article à lire donc. J'hésite à parler d'homophobie directe - vous savez, cette homophobie sous couvert d'amicale remarque véritables coup de poignard dans le dos. B de K fait parti des gens qui n'ont pas compris que nous demandons une extension des droits réservés aux hétéros. Droit ne dit pas excercice du droit.

Il y a là dedans une conception des homos qui ressemble à celle qu'on pouvait avoir des femmes : des citoyens de seconde zone, et en cela c'est homophobe. Je comparerai en ce sens son article à celui d'anti-féministes qui reprochait leur maternités à celles d'entre elles qui l'avaient choisie. Raisonnement sophiste par excellence, on reprochait à celles qui se battent pour le droit de ne pas être forcée dans leur sexualité ni dans la maternité justement de ne pas aller "dans le sens de leur combat". Alors que c'était l'essence de leur combat : elles choisissaient d'être avec qui elles voulaient (seules, concubines ou mariées si elles étaient hétéros) et elles désiraient choisir si elles voulaient des enfants, quand, comment, combien, etc. Elles voulaient le choix qui était seul assuré par l'époux et qu'on leur reconnaisse enfin un rôle actif dans la société et pas seulement au foyer.

En somme, tout le principe de la lutte se trouve dans pouvoir d'un seul verbe, actif : choisir !, et ce que Basile de Koch comprend c'est tout le contraire, c'est se laisser faire, se laisser assimilier... Voit-il que ce n'est pas que pour nous que combattons les idées révolues du machisme dominant ? Ce n'est pas non plus que pour les LGBT et les femmes hétéros que nous nous battons, c'est pour le droit de ne pas suivre les normes existantes si on le veut, mais aussi le droit de pouvoir les voir appliquer à soi dans la tranquilité, si on le veut aussi !

Dernier point qui me fait bien rire : l'idée de la sexualité à tout va comme raison d'empêcher les LGBT d'être parents. Qui a dit que les hétéros étaient asexués ou privés de libidos dès qu'ils avaient des enfants ? Pourquoi, dans l'état d'esprit du lecteur, ne pas utiliser le même argument contre, je ne sais pas moi, un certain président marié trois fois, avec deux enfants d'un premier mariage, un troisième d'une second (plus deux belles filles) et désormais un beau-fils de son troisième mariage ? Même raison, même conséquence ? je sais, c'est débile, mais je tro...

Grosso modo, ce que je retiens, c'est qu'il faut toujours qu'on s'explique, ce qui est lassant d'ailleurs. Le problème que nous avons c'est que tout est normé, et selon une norme qui exclue ceux pour qui le monde n'est pas hétérosexuel. La seule chose d'éhétérosexuelle sans aucun doute, c'est la procréation. Le reste, ce sont des normes construites, des constructions qui ont des buts certes louables dans des considérations passées, mais qui devraient être améliorées. Si on peut montrer clairement que les sexes sont différents, cela n'empêche pas qu'au niveau social la construction des relations entre les gens d'une part, les genres d'autres part soient immuables. Les prototypes de société que forme la famille, la normalisation qui nous est souvent imposée, tout cela conduit nécessairement à une divergence pour les homos, les bis et les trans - une transgression des normes imposées, des modes de construction de l'identité propre différente, des volonté de créer des liens amicaux, et forcément amoureux différents des normes apprises. Mais est-ce pour cela qu'on veut nécessairement être différent ? Différents mais égaux, forcément, c'est notre mot d'ordre. Avoir le droit d'être différents, avoir le droit d'être égaux - et par la même apporter ce droit à celles et ceux qui, même hétéros, ne veulent pas du moule. Le PaCS eest en ce sens un excellent exemple. Je crois que la proportion de PaCSés hétéros est sensiblement plus grande que la proportion d'hétéros tout court - et c'est formidable. Pour eux. Le problème c'est que nous, nous ne pouvons prétendre à mieux - et aux conséquences du mieux.

Les arguments de Basile de Koch, en gros, sont opposés à ceux d'une Boutin, mais reviennent au même : là où l'une dit que nous ne devons pas avoir droit pour des raisons de culture & de culte, l'autre nous amène à l'idée que nous n'y devons pas prétendre parce que nous nous y perdrions - nous apporterions notre propre loup dans notre jolie bergerie. L'exemple de la Gay Pride est exemplaire sans son aspect systématique : lui, ça ne le gêne pas, au contraire, animal de la nuit, animal social, il s'y plaisait ; j'ai dit plaisait. Des pédés qui défilaient, des trav' affriolantes, des lesbiennes en motos, que sais-je encore, ça lui plaisait au point qu'il n'y voudrait voir que ça : pas de politique, pas de réflexion, juste de la fête. Certes, je pense vraiment qu'il ne fait pas parti de ceux que ça rassurait dans leur sexualité de voir des homos en bas résille et des lesbiennes camioneuses. Mais en réduisant les LGBT à leurs déviances, en l'ocurrence festive, il les écarte de fait de la société, il en fait des bêtes étranges. Est-ce si différent du point de vue de Christine et Christian ? au fait, ils ont fait exprès à dr...

A vous de juger, aller lire ça. Take a walk on the wild side... quand on pense qu'il a utilisé ce terme là, alors qu'il était déjà vivant à l'époque, on se dit qu'il ne sait ni comprendre l'anglais, ni se rappeler les raisons de la chanson de celui qui depuis est devenu Mr Laurie Anderson.