Bel anniversaire. Bien sûr, c'est l'album du titre qui passe le plus souvent : Wuthering Heights, mais c'est bien plus que ça. C'est l'aboutissement d'un chemin qu'à suivi Kate bush, accompagnée par quelques membres de sa famille (ses frères surtout), par des amis (ou amis d'amis, tel Dave Gilmour de Pink Floyd), et par des formateurs (forcément, Lindsay Kemp).

Forte d'un nombre de démos importantes, Kate réunit autour d'un album des titres variés, à contre courant presque de ce qui se fait à l'époque au point qu'elle paraisse un peu ringarde par rapport aux mouvements punks. Et pourtant, elle est restée aussi marquante que ceux là, Johnny Rotten lui-même vous le dira. Enfin, cela dépend de la personne à qui vous vous adressez...

Ceci dit, au travers des 13 titres de l'album, Kate déploie déjà des talents d'auteure, compositrice et interpète tant de la musique que du chant. Forcément haut perchée, sa voix a depuis (tabac aidant, j'imagine), gagné en volupté, mais elle n'en reste pas marquante et étrangemment adaptée aux différentes ambiances rencontrées au fur et à mesure de l'album.

On s'étonnera du jeu qu'elle veut mener avec l'auditeur. Le jeu, c'est à la fois celui de l'écoute et du partage, mais aussi celui de la réflexion - pas encore à celui du questionnement total tel qu'il se développera par la suite. Le jeu, c'est aussi l'alternance de rythmes, de douceur, de violence et de tendresse. Le rythme de l'amour et de la sensualité. Pas étonnant que ses chansons se soient si bien mariées avec ses attitudes scéniques, proches de la dance et de ce que Kemp lui a enseigné. Bien sûr, le kitsch de l'époque fait parfois oublié la démarche artistique, mais celle-ci réapparaît en concert... mais j'en parlerai plus tard.

Les thèmes font parti du jeu. Jeu réel, tel celui du cerf-volant (Kite), jeu violent, celui de la roulette russe - alcool et armes à feu - de James and the Cold Gun. Jeu de l'amour et de la séduction, amour enfantin d'une jeune fille révant d'un prince charmant inconnu qu'elle seule voit (The Man With a child in his eyes), jeu dangereux et mortel de l'inceste fraternel (The Kick Inside). L'amour malheureux a une bonne place ici, celui du fantâme d'une autre Kathy pour son bien aimé Heathcliff (Wuthering Heights) ou d'une femme pour celui qu'elle voit partir en déliquescence (James...). Et puis, de douces musiques pour révéler la nature féminine la plus intime - et innocente chez cette jeune fille - parlant de cycles menstruels (Strange Phenomena) ou de gestation (Room for Life)... comparées aux affres de l'adolescente qui dans l'amour préfère la sensation apportée plus que l'être désiré (Oh, to be in love)... mais qui se rend compte aussi de la terrible réalité, de la nature de l'être aimé lui-même (L'amour looks something like you).

Ce premier disque est aussi un mélange musical, qui grandira : si le piano reste la cadre et la voix le moyen, les instruments mélange pop musique et rock, un peu comme les idoles de Kate - Elton John, ou encore David Bowie, autre élève de Lindsay Kemp, d'ailleurs... L'orchestration force la musicalité par moment, et c'est aussi en concert qu'on découvre des faces cachées aux dons de Kate... mais cela est une autre histoire.

Tracklisting

  1. Moving
  2. The Saxophone song
  3. Strange phenomena
  4. Kite
  5. The Man with the child in his eyes
  6. Wuthering Heights
  7. James and the cold gun
  8. Feel it
  9. Oh to be in love
  10. L'Amour looks something like you
  11. Them heavy people
  12. Room for life
  13. The Kick inside