Je sais que ma dépression n'est pas encore un souvenir. La gestion du stress reste une horreur, la distanciation un rêve lointain. SI j'arrive parfois à relativiser les quelques tuiles qui peuvent encore tomber par hasard, celles que je vois bien branlantes sont en train de me ronger.

Alain est toujours au chômage. A nouveau devrais-je dire. Sans promesse pour l'avenir, sans indemnité aucune. Depuis qu'il a démissionné en juin, je reste consterné devant cet acte qu'il n'avait pas discuté avec moi. La soudaineté de la rupture avec son ancien employeur, fusse-t-elle justifiée (ce que je ne nie pas) reste une plaie à la fois pour nos finances et entre nous. Et une source inépuisable d'anxiété pour mon esprit divergent.

Si on peut dire que les relations avec mes parents se sont calmées, je pense grâce au départ de Steve (qui passera semble-t-il devant les assises pour ses actes odieux... mais je me dois de me taire), elles ne sont guère au buea fixe du fait de la situation d'Alain qui apparaît de plus en plus aux miens comme un boulet (qu'il est parfois) doublé d'un incompétente (ce qu'il n'est pas).

En fait, la dépression dans laquelle il est lui-même plongé et son indifférence vis à vis du futur me taraudent. Certes, il a réussi un concours dont il passe les travaux pratiques jeudi avec du matériel que nous lui avons acheté samedi. Il compte là dessus, misant à peu près tout. Un autre concours existe aussi, il a fini par envoyer selon mon insistance et celle de sa soeur, son dossier d'inscription.

Ce qui est terrible reste le sentiment funeste que je ressens et qui mélange appréhension du futur, connaissance de l'état de mon compte en banque (auquel je remédie). J'ai souvent été sur ce fil de rasoir, le moment où je dois regarder de part et d'autres d'une limite - celle du célibat et celle de la vie à deux. Dois-je continuer à me torturer dans l'espoir qu'il réussisse à se caser ou dois-je préparer une séparation inellucatble ?

Bien sûr, samedi après-midi dernier est un avant-goût de ce qui peut se passer - le sentiment de liberté que me procurent ces demi-journée au sauna avec des amis, et plus parce qu'affinité, fait figure de purge de mon anxiété chronique. Cette anxiété dont je ne peux plus chimiquement me débarasser - on sait pourquoi on m'a retiré les cachets. De fait, c'est de nouveau par mode alimentaire que je règle, mal, la tension qui monte. Mon augmentation de poids se couple encore à ces pensées néfastes, le refuge oral ne compense plus trop ce qui se passe.

Et que dire de cette soirée où je vais devoir me diriger vers le Centre pour fixer les règles vis à vis du changement de local non du CGL mais de Centrale Gay dont je suis toujours administrateur... Comme d'habitude, de petits tas, je fais des montagnes.