Beaucoup diront que Lionheart n'est que le second volet de __The Kick Inside__. Et d'un certain côté, c'est vrai. Si les conditions de réalisation sont différentes, les textes et les musiques datent des mêmes époques que celles du précédent volume - tout en restant autant étalé dans le temps.

L'orchestration de cet album est beaucoup plus dense, parfois trop sur des versions anciennes de l'album - mon vynile était à la limite de la saturation. La version CD a un peu réduit les nuisances et j'espère que les différentes remasterisations sont venues à bout des problèmes de bord depuis,notamment sur Hammer Horror.

Cet album est de fait un peu plus symphonique, un peu plus varié que le premier. Les thèmes quoi que différents restent proches; On retrouve l'amour, la jeunesse, l'idéalisle et sa confrontation à la réalité. Ce n'est nulle part plus vrai que dans In Search of Peter Pan, publié 6 ans avant qu'on parle du syndrôme de Peter Pan, où l'enfant est confronté à la nécessité de grandir et à l'abandon de ses illusions et jeux d'enfants. Wow est sur un thème proche, celui de la désillusion, celle du show-business qui n'offre pas tout ce qu'il promet, n'offre qu'une gloire au rabais, une gloire de pailette, avec les ors sans l'argent. La matérialité de l'argent, du sexe, rattrape l'artiste qui ne peut s'empêcher de rêver malgré tout. Certains ont taxé la chanson d'homophobie liée à une parole, hitting the vaseline, portant sur une sodomite... je ne sais pas, je pense qu'on peut laisser cela au compte d'une jeunesse d'une Kate qui ne connaissait pas encore trop bien ce milieu là - quoi qu'avec Kashka...

Toujours dans la volonté de nier la réalité au profit d'un fantasme plus fort qu'elle, on retrouve Don't Push Your Foot on the Heartbrake, hymne à la vitesse qui casse tout et ne regarde pas ce qui est laissé de côté. __Kashka from Bagdad__, histoire d'un couple qui vit dans le péché (on pense surtout à un couple d'hommes) et qui ne vit qu'en autarcie, la nuit, en musique et dont le narrateur voudrait participer au bonheur [note : c'est plus flagrant dans la démo, où l'homosexualité tant de Kashka que du narateur est plus forte, même si, comme on me le faisait remarquer, Kashka peut être un jeu de mots sur Ka(te Bu)sh]. Enfin, toujours dans le domaine du rêve, on ne peut contourner Hammer Horror, avec l'image du cauchemar lié à ce fameux studio promouvant vampires, monstres et autres Frankenstein !

La réalité, pour le coup, est bien plus sensuelle, plus sexuelle même, avec the warm room, invocant l'esprit des maisons clauses. La sensualité n'est pas absente de l'évocation de l'Angleterre, Oh England, My Lionheart, qui a donné son titre à l'album ; jeune, je croyais qu'il s'agissait d'une ôde à Richard Coeur de Lion ("the Lionhearted"), mais c'est simplement, comme plus tard The Sensual World, une ôde à un pays chéri, sublimé dans les rêves d'une jeune femme - auxquels on revient enfin. Comme au cauchemar de la Fullhouse, tellement proche thématiquement de Get Out of My House (sur The Dreaming) mais aussi d'une partie des titres de the Ninth Wave (Under Ice, Waking the witch, ...))... mélange de folie et de lucidité sur cette condition...

Tracklisting

  1. Symphony in blue
  2. In search of Peter Pan
  3. Wow
  4. Don't push your foot on the heartbrake
  5. Oh England my Lionheart
  6. Fullhouse
  7. In the warm room
  8. Kashka from Baghdad
  9. Coffee homeground
  10. Hammer horror