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mardi 21 février 2012

Un renouveau au centre LGBT exige plus qu'un programme

Aujourd'hui, je vois des discussions poindre, des idées se faire jour. Des idées que je trouve bonnes pour la plus part, mais qui peuvent être contre productive si elles ne sont pas bien menées et soutenues par un collectif... et un budget adéquate. Je suis le premier à le regretter cf. temps passé à monter des budg..., mais dans tout programme, il faut avoir une idée du coût et des recettes. Les propositions, pour être validées, doivent s'assoir sur une liste d'acquis tels qu'un fidélité des volontaires, des lignes budgétaires claires et des participations importantes tant des membres du CA que des ... usagers. Je vois bien les idées, belles et sensibles, qui sont proposées, et je les soutiens. Pour me faire avocat du diable, je me dois de présenter trois notions fondamentales du contrôle de projet, au delà des coûts. Désolé, à nouveau, c'est mon métier qui veut cela.

  • Le planning et la charge de travail: j'ai vécu cela, et je ne suis pas le seul. Prévoir à l'avance, avoir une idée claire des activités dans leur accomplissement hebdomadaire et annuel est primordial. Mais une fois ces activités planifiées, encore faut-il avoir connaissance du temps nécessaire à leur réalisation, et du nombre de volontaires disponibles - à la fois pour les penser et les réaliser. Rédiger un budget, monter des appels d'offre, ou répondre à des appels à projet des différents organismes qui nous finance n'est pas chose aisée. Par exemple, il faut que l'activité du Centre se cale sur celle décrite par les ministères de la santé, de la culture - pas l'inverse.
  • Le dérisquage (néologisme): sans rentrer dans les détails, il est nécessaire de sécuriser les activités du centre, la fameuse pérennité dans l'évolution. Financièrement, c'est un fait. Humainement, aussi. Il faut des compétences, non seulement pour les postes type d'activité d'entre-aide, mais aussi pour les activités culturelles, d'accueil, etc. Le degré de compétence est varié, et certaines activités demandent surtout des fondements humains et la capacité à apprendre (c'est le cas de l'accueil). On ne s'improvise pas infographiste ou rédacteur. Il faut aussi assurer le lien vis à vis des associations (l'activité location/utilisation des salles est un très bon exemple de réussite je crois), des ministères, des officiels (mairie...). Et quid de la formation des nouveaux arrivants ?
  • La documentation: c'est un énorme travail, une quantité de boulot tel qu'on n'en voit pas rapidement la fin. Les meilleures volontés sont les bienvenues. Mais il faut, là encore, des spécialises: on ne s'improvise pas spécialiste en santé lesbienne ou en safe-sex (même si chacun d'entre nous s'estime bien formé...)

ARGHHHH dodo !

Une association doit-elle avoir un fonctionnement démocratique ?

Comme je le disais ici, le Centre a une place bien particulière dans ma vie.

Qui me connaît sait que je n'aime pas les disputes, surtout celle qui se font autour de lui.
Je comprends le besoin de changement, et aussi les querelles intestines - quelle structure de ce type n'en connaît pas ?
Je vois des propositions, cela me plaît. Beaucoup - l'échange d'idées est positif. Je sais que des réunions ont eu lieu, je n'y ai pas pris part.
Depuis Londres, c'était difficile à réaliser.

Je scinde ce billet en deux parties : une sur le fonctionnement interne bureau/CA, et l'autre sur le renouvellement voulu/nécessaire.


Je vois une pétition qui me plaît moins, parce qu'elle me semble dirigée contre une personne, Christine (CLD). J'y vois des dérives possibles, dérives encouragées par certains que je n'apprécie pas (je crois que c'est réciproque), et pas forcément voulues par touTEs.
Je ne peux même pas penser que "ce qui se dit" soit vrai. Je connais l'autorité de CLD, ce que je percevais comme son "besoin" de diriger, certains y voit un besoin de régner. Je le déplore. C'est ainsi, il faut en prendre conscience.

Au delà de la personne de l'actuelle présidente du CA du Centre, c'est un mélange de réalités et de mythes urbains que je vois.

CLD n'est pas parfaite, elle ne se revendique pas comme telle. J'ai eu bon nombre de discussions avec elle, et nos avis divergeaient sur le fond et/ou la forme. A nouveau, c'est ainsi.
Peut-on tout lui reprocher ? Non, certainement pas, et même ses fervents accusateurs n'oseront pas. Peut-on tout accepter comme une lettre à la poste ? Non.
Je me rappelle d'une de ses phrases qui sur le moment m'avait choqué : le fonctionnement interne du Centre n'est pas démocratique. Je l'ai entendu le dire, je n'ai pas compris ce qu'elle signifiait ainsi. PS : merci de ne pas prendre cette ...
Il ne s'agit pas de déni de démocratie, mais de méconnaissance du fonctionnement associatif. Le CA et le bureau ne sont pas des tyrans, mais doivent pour fonctionner adopter un rythme et une organisation interne. Transposé à un autre niveau, le peuple peut être mécontent de son gouvernement et de ses élus, mais il ne peut pas agir directement sur la loi - l'État de droit s'exerce en France via les représentants. Démocratie républicaine oblige.

Ainsi, le CA (et son bureau) décide des activités selon le planning qui est le sien, selon le mandat qui lui a été donné par l'Assemblée Générale Ordinaire. Je me rappelle de peu de rébellions lors de telles assemblées. Sauf les questions parfois candides d'un WdB (il se reconnaîtra), souvent précises et justes. On ne peut pas retenir contre un exécutif qu'il se comporte tel qu'il l'avait annoncé. On peut cependant lui demander des comptes, et exiger de lui qu'il s'explique devant son AG. En attendant l'AG, il faut utiliser les membres du CA pour ce qu'ils sont: des contrôleurs de l'activité de l'association. Ce n'est pas le rôle des seuls volontaires. En tant qu'administrateur, des volontaires m'avaient posé des questions, et je l'es avais transmises au bureau et/ou CA (selon le cas). C'était la même chose pour les autres membres du CA que les volontaires voyaient. Le problème étant qu'on voyait surtout Christine et moi à l'époque, puis un ou deux autres admins. Et là, je parle d'une époque située quelques 7 ou 8 ans dans le passé... si je ne me trompe.
En tant qu'ancien membre d'un bureau ou CA, je me dis de défendre les décisions que nous avions prises, même si j'étais opposé à titre personnel. Le collectif prime. Quant à la question de la lisibilité des PV par tout membre du Centre, j'avoue que je botte en touche, n'ayant pas la réponse - même si le "tout est disponible pour tous" ne me semble pas forcément défendable dans l'absolu.

Bref.


Bon, j'ai presque fini. Je n'évoque pas ici des points saillants, des querelles que je comprends, comme le sur-investissement apparent, l'utilisation trop forte des moyens de communication ou les prises de position politiques que certains voudraient voir disparaître. Je pense justement que l'étude d'une certaine forme de rapprochement avec l'Inter-LGBT, les autres Centres LGBT devraient remédier à certains points...

Et puis il est minuit et quart, et demain je bosse. Alors, bonne nuit. Demain, le 21/02/12, j'essayerai de continuer !

lundi 20 février 2012

Diriger, c'est choisir (1)

Si dans le précédent billet je me focalisais sur mon passé du subjectif, le ressenti de mon vécu au Centre LGBT Paris IdF, je voudrais cette fois me recentrer sur ce qui fut accompli. Le but étant de fonder une base de réflexion, un parallèle à ce que j'ai pu lire ci et là.

Tout d'abord, il me faut préciser que je connais le centre depuis une bonne dizaine d'année, sous son incarnation précédente, Centre Gai et Lesbien, puis Centre LGBT Paris IdF, rue Kléber dans le XIème arrondissement de Paris. Enfin, j'ai accompagné le déménagement et participé pendant quelques temps (6 mois ?) au nouvel accueil organisé rue Beaubourg dans le 3e arrondissement. Mes observations sont donc de ce fait baisées, à la fois par le temps qui me sépare de mes responsabilités au sein de l'association, mais aussi par la non fréquentation récente des lieux.
Bref, j'ai pu participer aux activités en tant que

  • usager (par exemple pour préparer notre PaCS) ;
  • volontaire accueil (vendredi, puis vendredi et samedi, et enfin samedi) ;
  • co-responsable (avec Valérie) de l'accueil/bar ;
  • co-responsable des formations des nouveaux venus ;
  • chargé de la mise en forme du site et de la lettre d'information ;
  • administrateur co-opté puis élu en AG ;
  • membre du bureau, plus précisément trésorier ;
  • homme à tout faire :-)

Historiquement, à mon arrivée, j'ai eu la chance d'être encadré par quelqu'un qui avait fait de l'accueil et de la gestion du public son métier. Qu'on ait ou non apprécié sa façon d'agir, elle préparait très bien les nouveaux venus à leur tâche. C'était une époque ou le bureau du Centre rasait un peu les murs quand il arrivait sur place, une époque où les membres du CA étaient des entités dont on savait qu'elles existaient, mais qu'on voyait pour ainsi dire jamais, même en réunion "globale". Triste époque aussi où le Centre était en train de se séparer de ses salariés après la mésaventure qu'on connaît. L'époque de la transition, où il avait fallu faire appel à l'aide à celle(s) et ceux qui allaient redresser le bateau plutôt que de le regarder couler.

Et ce fut difficile. Financièrement, il fallait éponger une dette faramineuse, à la hauteur du trou abyssal laissé par la perte du procès. En terme d'image, il fallait aussi montrer qu'on allait de l'avant. En terme humain enfin, il fallait endiguer l’hémorragie de volontaires. Le petit train-train de l'accueil/bar étant à peine auto-suffisant (déficitaire de peu), les autres activités, dont la simple location des lieux, n'auraient pas pu suivre si le changement de grande envergure n'avait pas été opéré.

Le bureau de l'époque, réduit de mémoire à trois personnes, fut soutenu par celle que beaucoup décrient maintenant. Christine Le Doaré, et quelques autres personnes, membres du CA ou non, qui voulurent bien accompagné le Centre dans sa métamorphose.

Replaçons nous dans les conditions de l'époque : plus d'activité rémunérée en terme de soutien social, psychologique, légal. Une décision de demander à des bénévoles, dont les activités professionnelles correspondaient, fut prise. Ce fut un choix, difficile, mais qui servit la survie des activités, et donc du Centre. Certains sponsors, parfois inattendus, évitèrent aussi la naufrage. Je n'en parlerai pas ici, mais si un grand mécène est parfois nommé, c'est vrai. Comme l'intervention d'une très grand et belle association reconnue d'utilité publique.

La reprise en main professionnelle se fit aussi au niveau des activités du Centre - retrouver des bénévoles aussi bien pour les aspects accueil/bar, culturels et festifs était le pendant visible des activités de recrutement de "bénévoles professionnels".
Je pense que le clivage a commencé à s'effectuer à cette époque, clivage entre anciens qui avaient connus un centre bien vivant, et ceux qui essayaient de le faire sortir de son état moribond.

Le nombril du monde (enfin, presque)

Le Centre Lesbien, Gai, Bi et Trans de Paris, Île de France, est une structure qui me tient à cœur.

J'ai servi à l'accueil, au bar. J'ai tenté de planifier ces activités. J'ai été co-opté puis élu administrateur.

J'ai participé au départ d'une personne malfaisante - un homme que certains reconnaîtrons. J'ai laissé faire un départ que j'ai regretté.

Je me suis pris pour un des nombrils de l'activité. Je me suis laissé pris par un engrenage où j'avais moi-même coincé le coin de ma chemise.

Cette période de ma vie a été fantastique du point de vue humain et associatif. Ces moments de ma vie n'étaient pas forcément très jolis.

Participer au redressement, faire des coupes drastiques, des choix que l'on peut regretter mais qu'il fallait faire. Abandonner des luttes au profit d'autres non moins importantes.
Assurer la pérennité financière, structurelle. Assurer la sécurité des membres, des usagers, quand le ciel nous tombait sur la tête, tant figurativement que physiquement.
Préparer dossier sur dossier. Enchaîner des nuits blanches, toutes ces choses que la plupart ne voyaient pas. Ne pas en parler - pas pour les cacher, à vrai dire, plus pour protéger les idées, ne pas tendre le bâton pour se faire battre.
Finaliser à la mano des textes. Partir chercher du matériel pour les marches. Forcer ma nature. Pleurer parce qu'elle me gueulait dessus. S'enfoncer dans la dépression que les autres voyaient mais que je me forçais d'ignorer.
Jusqu'à la goutte d'eau qui fit déborder le vase de mon état trop délicat, peut-être, mais... les choses furent ce qu'elles furent.
Ne pas renouveler ce contrat. Faire un chèque que je pensais normal car légal, et dont on me reprocha l'existence.
Perdre deux collègues, l'un au cancer, l'autre au suicide.
Ne plus assumer, ni pour les activités, ni pour le boulot, ni pour la maison. Vouloir dormir et qu'on me laisse en paix.

Rater les dernières mises en œuvre du nouveau projet. Participer juste un peu grâce à mes "talents" de conducteurs (20 ans de permis sans accrochage oblige !)
Essayer de repartir, faire comme si rien ne s'était passé.

Choisir de nouvelles voies, l'une professionnelle, l'autre personnelle. Accorder plus de temps à celui que j'aime. M'accorder plus de temps.

Et me distancier du Centre, comme je distanciais de Paris.

Oh, je passe sous détail de nombreuses choses, des rencontres surtout. Des projets, aussi. Ratés ou réussis. Des personnes soutenues, ou pas. Des associations naissantes ou mourantes. Une vie associative mêlée de politique, intrinsèquement politique.
Focaliser sur les femmes, sur les trans'. Ne pas oublier le VIH et ces autres saloperies qui nous font perdre courage parfois. Santé, culture, accueil. Ne pas participer à nombre d'évènement volontairement ou non... Ah, cette grippe qui me forçait à manquer des réunions d'une semaine cruciale pour le trésorier que j'étais. Avec une Christine qui ne comprenait pas ce que j'essayais de dire - avec 40,5°C de fièvre et Alain qui essayait de lui traduire mes paroles... en rétrospective, un bon souvenir !

Après le ressenti, place au moins subjectif

jeudi 17 novembre 2011

Science sans conscience n'est que ... Sarkozy en puissance ?

Cela faisait longtemps que je voulais ré-écrire quelque chose, sur un sujet un peu intelligent.
Je viens de retomber sur un dossier polémique, celui concernant l'utilisation faite par Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, d'un rapport de l'Inserm, cf. ici Trouble des conduites chez l'enfant et l'adolescent - l'Inserm.

Ce document, dont on pourra lire des éléments critiques, ex. ici, voulait déterminer les éléments permettant d'identifier assez tôt chez l'enfant, pré-adolescent, voire très jeune, ce qui pourrait mener à des risques de troubles de la personnalité.
On l'aura compris, ce sujet est potentiellement très choquant. Si on ne regarde pas de plus près, et si on n'utilise comme l'a fait Sarkozy alors, que les éléments les plus contraignants d'un tel texte, on en vient à une vision très sordide de la société.
Or, ce qu'il aurait fallu, à mon avis, dans ce texte, c'était comprendre les éléments d'analyse, et surtout, comprendre ce qu'il sous-tend : la notion de diminution des risques via une politique sociale de prévention, mêlant humanité et compréhension du fonctionnement, et surtout du développement, de la personnalité. La dichotomie classique entre l'Inné ou l'Acquis, là n'est même pas la question, les deux points étant d'ailleurs co-intégrés dans la démarche.

En effet, l'idée ici réside dans une lutte contre la prédétermination. Le principe de la minimisation des risques, tant au niveau de l'individu que de la société, va à l'encontre du principe de précaution. La précaution, c'est éviter tout ce qui pourrait être nuisible, même sous une forme seulement "potentielle" ; la minimisation des risques, c'est estimer que pour le bien de la société comme de l'enfant, on peut prendre des mesures et régit face à elles, sans supprimer pour cela le droit à l'évolution de l'enfant. Grosso-modo, Sarko est un belliqueux qui veut détruire la menace avant même qu'elle n'existe, l'humaniste, lui, regarde la possibilité d'une menace, ne la nie pas, mais essaie de faire en sorte qu'elle n'aboutisse pas - et au cas contraire, qu'elle n'ait que des effets moindres.

Je vous perd, là, peut-être, non ?

En fait, réfléchissons. Sociologues et psychologues nous disent que certains facteurs de risque peuvent, telle une épée de Damoclès, pré-disposer un enfant à être sujet aux troubles de la personnalité. Alors, il convient que tous les intervenants suivent plus délicatement cet enfant, d'une part pour être attentif aux potentiels signes, et d'autre part, pour réduire les risques chez cet enfant. Par exemple, si un bambin de 3 ans est sujet à ce qui se transformerait en dyslexie, il convient de l'aider pour que la dyslexie ne se produise pas - mais encore aura-t-il fallu faire attention à ces signes marquant le début de la dyslexie.

Mais en est-il de même avec des troubles de la personnalité, menant par exemple à la dépression chronique ? Peut-on parler de facteurs indiquant que tel ou tel enfant sera, dans le future, prompt à se transformer en mutin destructeur de voiture et flambeur de la Saint-Sylvestre ? Sans se prononcer directement, il convient malgré tout d’entourer les enfants d'avantage si on sait que des "facteurs à risques" sont présents. L'ennui, évidemment, est ce qu'on appelle un "big brother" potentiel - épier tout signe potentiel, lever tout point discutable et s'en serir comme d'une arme contre l'individu, le citoyen en devenir, plutôt que comme soutient à une pédagogie adaptée. Ou a un suivi social plus proche de la personne et de son environnement.

On en revient, sinon, aux clichés du type "Les cas sociaux se reproduisent entre eux" - heu,oui, ça fait un peu ghetto. Mais s'il s'y sont laissés enfermer, c'est aussi parce que la société elle-même s'en chargeait, et s’accommodait très bien de ne plus voir ces familles à l'abandon. Et là, ce n'est pas une autre histoire, juste le début d'un nouveau cycle infernal - marquer les jeunes, dès leur enfance, comme des individus à risque, c'est aussi les marquer au fer rouge, tels des bagnards. Les laissés pour compte qui de toute façon "ne veulent rien faire" - encore leur en faudrait -il en avoir les moyens. Et, là, se trouve le rôle de l'éducation.

Heu, il aurait mieux valu que je prévois un plan, moi, je me suis un peu perdu dans mes idées... reste que le principe prévaut : prévoir les risques et adapter la pédagogie et l'environnement social sont de bien meilleurs remèdes que l'ultra-sécuritarisme qui, de toute façon, ne fonctionne pas.

lundi 16 mai 2011

DSK et présomption d'innoncence ne font pas bon ménage

Bon, d'accord, j'ai honte de ce jeu de mot. Mais il fallait que je le fasse.
Considérons ce qui a été révélé hier, dimanche 16 mai 2011 : Dominique Strauss-Kahn, DSK, est accusé par une femme de ménage de l'hôtel où il séjournait à New-York. La plainte de cette femme concerne une tentative d'agression sexuelle, de séquestration, de viol, tout cela s'étant théoriquement produit quand ladite dame entrait pour faire lé ménage et que DSK sortait, nu, de sous sa douche pour la brutaliser.
Depuis, quelques informations ont filtré, comme l'oublie/la perte d'un portable sur place, un rendez-vous avec une des filles de DSK et Anne Sinclair, l'arestation dans l'avion en départ pour Paris, un désaccord sur les heures.
DSK interrogé par la police à Harlem, reconnu par sa victime présumée. Une trentaine d'heures, je crois, passée dans ses conditions.
Et puis ces scènes que nous trouvons humiliantes : un homme présumé innocent (en notre sens) présenté avec les menottes aux poings, dans la position la plus réductrice au possible - qu'il soit ou non coupable, tout potentiel criminel est ainsi traité. Cela peut paraître cruel, c'est ainsi fait.
La presse d'outre atlantique, selon qu'il s'agisse de tabloïds (vulgaires feuilles ramasseuses de misère intellectuelle) ou des plus respectables journaux, parle de l'affaire. Les uns ont pris parti contre le directeur du FMI - mais pas vraiment pour l'acte suspecté, pas en défense la potentielle victime. Non, juste contre l'homme, son pouvoir, sa nationalité peut-être. Les seconds sont plus réservés, et d'une certaine manière s'en tiennent à la rigueur - il est supposé innocent, elle est supposée victime, et ce sera de la confrontation de leurs vérités à chacun que l'on pourra se former une idée de ce qui s'est réellement produit.
Reste que, l'image reste, celle d'une femme, victime présumée, qui sort, couverte d'un voile pudique du commissariat où elle a identifié celui qui l'aurait violée ; l'image saturée que je vois comme haineuse, de celui qui aurait commis le crime. Deux poids deux mesures, qui, d'une façon claire, se comprend en ce qui concerne la potentielle victime de viol, beaucoup moins, au moins d'un point de vue français, pour le potentiel criminel.

Ainsi, DSK se trouve emprisonné, sa demande de libération sous caution (1 M$ !) refusée, par peur sans doute d'un phénomène à la Polanski (sauf qu'ici il ne s'agit pas de mineure). Il plaide non coupable, se trouve un avocat qui le défend. Le rôle de cet avocat, c'est de descendre le témoignage de la femme de ménage, de prouver que DSK n'était pas en ces lieux, que les preuves type ADN sont irrecevables (ex : du sperme dans les draps, la belle affaire...). A l'inverse, le travail d'un procureur et d'un avocat de la défenderesse (pas top comme mot), est de montrer le côté perverse de l'homme, sa lubricité bien connue (sans reprendre les termes odieux et diffamatoires du frère du président du conseil constitutionnel), son passé récent comme lointain, etc. pour justifier d'abord son emprisonnement, puis sa condamnation, selon un principe que j’abhorre, qui est celui du cumul des peines, principes à mon avis opposé au droits de l'homme (mais c'est un sujet pour un autre jour).

On cherche des poux à la femme de ménage, on invoque des complots, du racisme/antisémitisme (elle est noire et pauvre, il est juif et riche), que sais-je encore. On rappelle qu'il est coureur de jupon (véridique, pour le coup). Tout cela fait un bien piteux spectacle, vu d'ici.

On dit que l'image de la France en prend un coup - tiens, tiens, ça vient de droite.
On promet à DSK un avenir sombre, même s'il est reconnu innocent. Plus de primaire pour lui. Conséquences politiques et économiques sont discutées ad nauseam avec des experts, des journalistes, des invités surprises (tiens, tiens, Ségolène qui arrive pour dire qu'il ne faut rien dire.
D'autres fustigent amis et famille qui prennent la défense du politicien. Jean-Marie Le Guen, que j'ai rencontré plusieurs fois quand il était "mon" député, défend son ami, parfois, je l'avoue, maladroitement. Mais outre l'aspect politique, ce sont des amis, et donc il est normal qu'ils se soutiennent.
Je rejoins pour ma part certains politiciens, la gauche de la gauche, ou associations, qui rappellent, sans qu'on ait forcément vraiment entendu leurs voix, que la présumée victime doit tout autant recevoir de "compassion médiatique" que le présumé innocent. A nouveau, deux poids, deux mesures, mais cette fois, pour contrebalancer l'opinion médiatique américaine, c'est au bénéfice du politicien français, champion des sondages.

Je me rappelle d'une petite phrase, du type "je ne commenterait pas un procès en cours mais..." bien sûr suivi d'un commentaire ignorant allègrement toute notion de neutralité. C'est véritablement cela qui manque ici, de la neutralité. Et de l'humanité.

Car enfin, quand on regarde ce qu'il se passe, que ce soit le lynchage américain contre DSK, l'oubli manifeste de la personne supposée victime (1), ou des déchaînements hagiographiques ou haineux en France, tout cela me fait dire qu'on a largement mis de côté qu'au cœur de cette affaire se trouvent, in fine, un homme, une femme - et leurs familles, à eux deux.

mercredi 29 septembre 2010

Polyglotte ? non, mais...

En fouillant dans les cartons que je défais en ce moment, j'ai retrouvé une petite note que j'avais écrite en 2005 sur des élèves allemands qui avaient chahuté pendant une présentation que j'avais faite de mes travaux à la R&D.

A priori, ils ne savaient pas que je comprenais leur langue sans problème (surtout les insultes).
Je leur avais répondu (à peu près) un "je te rappelle que le pédé, enculé & fils de pute, c'est ton tuteur, alors je te conseille de la fermer".

Déconfiture assurée.
%% A vrai dire, ils m'avaient entendu parlé anglais et (un peu) espagnol à d'autres "tutés" et avaient dû en déduire que c'était déjà beaucoup pour un français.
Raté, à l'école, on avait plus de 50% de gens qui avaient suivi des cours en 3 langues vivantes, et je suis un petit joueur - mon allemand est plus proche du patois que du Hoch, et l'espagnol est venu assez vite grâce à la structure si logique que cette langue a (facile à apprendre pour un matheux latiniste). Je pense aussi à ceux qui ont appris le chinois, l'arabe ou même le russe, je fais pâle figure par rapport à eux :)

jeudi 17 juin 2010

Pourquoi nous allons changer de notaire(s)

''Messieurs (...),

Veuillez trouver ci-joint les documents d'état civil ainsi que les éléments patrimoniaux dont nous avons besoin afin de remplir le dossier d'acquisition de l'appartement (...).
En vous remerciant, Madame, Monsieur, veuillez agréer (...)

'' Déjà, là, j'étais énervé. En regardant le dossier à remplir, je l'étais encore plus.
Alors j'ai appelé.

Et là, ma colère a monté d'un cran.

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mardi 30 mars 2010

Scratch my Back - may be I'll scratch yours

La technique est là, la voix posée. Certains titres semblent en effet, larmoyants. Ré-interprétation implique pour certains trahison, pour d'autre extrapolation. C'est ce qui mène cet album difficile sur lequel une seule écoute ne suffit pas. Par ailleurs, certains titres passèrent mieux lors du concert (notamment Heroes).

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mercredi 10 mars 2010

Résultat d'un test sur la cyclothymie

C'est assez long...

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Nouveau psy (enfin presque)

Jeudi, j'ai pété les plombs au boulot, je me suis mis à pleurer devant les collègues, incapable de comprendre ce que je lisais, de retrouver mes notes, l'impression d'un trou sans fin.
Dévalorisation en prime.

De retour à la maison, j'ai fondu en larme, ma mère me parlait au téléphone, j'ai dû raccrocher. Pas moyen de me calmer.

Un petit calmant, et je repartais à peu près normalement, capable de dire un peu ce qui s'était passé.

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dimanche 21 février 2010

Jetzt wieder eine Nachte ohne zuschlaffen

Wann wird es besser doch hier ? Wann werden die Tagen schöner, blauer ?
% Na ja, ich bin doch kein Kind mehr - ich weiss warum, ich den Monate Februar hasse. Zuviele langweilige Nächte, als ich hier allein sitze.
Alain schläfft seit zwei Stunde, das kann Ich doch aber nicht. Kein Lust ? Nur Langeweile.
Und Nächte vor dem Komputer...

mercredi 17 février 2010

Haine contre les LGBT : l'arbre qui cache mal la forêt

La lesbophobie et l'homophobie qu'on voit s'exprimer "librement" dans certains pays africains est soutenue par une bigoterie religieuse et un opportunisme politique qui joue au phénomène bien connu de bouc émissaire avec les lesbiennes et les gays.

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lundi 15 février 2010

D'un lien à un autre

D'un fil blanc, je parcours ce vieux pullover gris, celui où ma chatte a passé tant de nuits endormie%% Mon odeur, cétait là ce qu'elle y cherchait, nul autre ne lui plaisait, plié dans une boîte, elle en fit son repère.
Dans cette rangée d'étagères où désormais restent mes vieux jouets, mes livres empilés, elle dort.
Ne venaient pas la déranger, parce que si elle s'éveille, ce qui reste rare, madame a ses aises !

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jeudi 4 février 2010

Comment passer les nuits d'insomnie à s'instruire à partir de documentaires vus sur Arté ou Planète

En ce moment, je lis des textes sur les origines polythéistes du dieu juif, chrétien et musulman. Les passages les plus novateur pour moi me semblent être ceux où ils expliquent comment les rédacteurs des textes (1000 ans après les faits...) ont remagné les histoires de leurs populations, intégré diverses traditions, etc. pour faire apparaître que les populations, notamment les anciens hébreux, furent d'un coup totalement monothéiste alors qu'il ne l'étaient pas plus que les populations alentours (certains passages bibliques étant d'ailleurs en contradictions les uns avec les autres).

Là, il va vraiment falloir que je prenne du temps pour rédiger quelque chose de sérieux, parce que le sujet est réellement passionnant.

Et il va aussi falloir que je prenne le temps de rédiger mon article sur les différentes formes d'intégrisme et quels en sont les conséquences.

Note : l'un des points intéressant est que les chercheurs sont de toutes confessions (ou athées)

mardi 12 janvier 2010

Absentéïsme : les profs aussi

En 3 année d'école d'ingé, un prof était systématiquement absent la veille des vacances et le jour des retours.
Il a fait ça une année et le responsable (dont j'étais le thésard/assistant/souffre douleur) n'a pas reconduit son contrat.

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dimanche 10 janvier 2010

Une bonne nouvelle n'arrive jamais seule

Ma main gauche sera donc au cœur de l'opération chirurgicale que je subirai jeudi, mais ma droite n'a pas l'intention d'être oubliée.
Rhumatismes et tendinite au pouce, parce que forcément, comme je ne peux plus utiliser la gauche normalement, la droite remplace.
Au moins, je suis rassuré, les douleurs allant du coude aux cervicales en passant par l'épaule gauche sont uniquement nerveuses et liées au rétrécissement de ce putain de canal carpien, à gauche, donc. Dès que j'aurai été opéré, tout reviendra à la normale.
La notion de "dès" me fait sourire : il s'agit de 6 mois au pire, avec rééducation. Je sais, j'ai déjà testé pour la main droite !

Encore une bonne raison d'avoir changé de complémentaire santé... 300€ de dépassement chirurgien & anesthésiste. +18€ de forfait pour la journée en déambulatoire.

vendredi 8 janvier 2010

Trente pour cent ?

Le récent débat idéologique oppose en apparence deux mondes au sujet de ce qu'on appelle l'élite de l'enseignement supérieur.
Faut-il forcer, par imposition d'un quota explicite, l'entrée d'élèves boursiers dans les grandes écoles, et si oui sous quelle conditions ? Avec d'un côté, les pour, coincés entre d'un côté une ministre qui veut ne pas trop perdre la face aux prochaines élections régionales et un directeur d'une école (Science Po Paris) non membre de la conférence des grandes écoles (CGE), et de l'autre côté la CGE elle-même et très peu de gens il est vrai pour les soutenir.

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mardi 5 janvier 2010

1-555-CONFIDE

En 94, nous avions 21 ans.
%% Enfin seuls, loin des parents, nous pouvions d'une certaine manière vivre comme nous l'entendions. Sortir dans des boîtes gaies, nous embrasser sur "la piste". Nous l'aurions pu, mais pour des raisons financières et, il faut bien le dire, encore de non acceptation de qui nous étions, ce ne fut pas vraiment le cas.

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lundi 14 décembre 2009

Un jour triste

Il y a un mois je revenais de chez mes parents le cœur lourd.

Pas tant pour ce grand père décédé, grand père de mon cousin, mais pour mon oncle, pour sa mère, pour mon cousin, pour ma tante que mon père et moi avons conduite chez ses beaux-parents.

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